DUREE DU MOUVEMENT Î
suite le ravin profond et étroit de la Mance (1). Suivant toute apparence, Bazaine se faisait du temps nécessaire à l'écoulement dune colonne aussi considérable une idée absolument fausse. Le 14 août, à midi et demi, c'est-à-dire au moment où les troupes s'ébranlent, il télégraphie à l'empereur : « J'espère que le mouvement sera terminé ce soir. » Or la seule durée du défilé de l'armée à travers Longeville, par exemple, parcs, bagages et convois compris, ne pouvait guère être inférieure à vingt-neuf heures. Encore fallait-il admettre que la marche serait ininterrompue et que la vitesse ne descendrait pas au-dessous de
(1) Effectif de l'armée le 14 août : 170 11)."» hommes. — Lm de la bataille do Borny, la division Lavcaucoupet I i Metz comme garnison, les malade! et éclopés forment un total de 24 000 hommes environ. Il reste à mettre en marche 152 ")S7 hommes (général I.i wal, Tactique de marche, 207). — Bazaine a déclaré plus tard qu'il n'avait pas utilisé la route de Briey paie, qu'il ignorait s'il n'y avait pas un COrpi ennemi dans cette ville. Jarras confirme l'existence de ces craintes] d'après lui, ce sciaient les avis de I empereur qui auraient déterminé Bazaine à renoncer à cet itinéraire : «Quand il s'est agi de faire reMiiii l'armée de Metz sur Verdun, huit d'abord la pensée était de marcher par les deux routes, dont l'une passe par Briey, tandis que l'autre passe par Mars-la-Tour. . . Or, on a appris, par un rapport par le sous-préfet de Briey, que des coureurs ennemis Ataient avances jusqu'à Briey, et alors le maréchal Bazaine, l'api, s les conseils ou sur les ordres de l'empereur, a dû renoncer i la route de Briey, et on a décidé de faire marcher toute l'armée sur l'unique route qui va jusqu'à Gravelottc et qui s'y bifurque [Conseil d'enquête sur les capitulations), — Le colonel d'Andlau lonne également cette raison (loc. cit., 57), mais la considère, sans preuves à l'appui, comme peu valable.
quatre kilomètres à l'heure (I). Bazaine a-t-i voulu sciemment retarder le plus possible li mouvement de l'armée afin de ne pas s'éloigne de Metz, comme l'insinue le colonel d'Àndlau, ot bien ne s'est-il pas rendu compte, par incapa cité, de la lenteur inévitable de l'opération? 1 semble difficile de se prononcer (2) .
Les divisions de cavalerie Forton et du Barail campées à Montigny et au Ban Saint-Martin doivent prendre les devants et se porter à Grave lotte. En ce point, elles échelonneraient « deu: ou trois escadrons en avant, sur la droite et su la gauche, de manière à bien couvrir le terrai* et à permettre aux troupes de déboucher plu; tard (3) » . En réalité, pour remplir cet objet, i eût fallu faire précéder l'armée d'une forte avant
(i) L'armée se composait de quatorze divisions d'infanterie a de quatre divisions de cavalerie. La durée d'écoulement d'uni dû ition d'infanterie, sans bayâmes et sans convois, était de 1 b. ira celle d'une division de cavalerie, d'une demi-heure. Au total
pour l'armée, "23 heures. 11 faut y ajouter la dune dVeouKiurn
do parcs, bagages, convois marchant en formation doubb cinq heures. 11 faut admettre aussi une distance tampon ili quatre kilomètres entre la colonne des combattants et les pares
— On n'a pas tenu compte des divisions de cavalerie FortOj et «lu Baraîl, qui devaient prendre les devants.
\'2) Le maréchal •< déclaré plus tard que dans «on esprit, cal instructions n'étaient que des « indications générales », c qu'il comptait sur son chef d'état-major pour baser » les dJ cution ■ (Prodt Batainty Interrogatoire du mari «•liai, .). On observera que, en général, Bazaine s<
complaisait au contraire) el presque exclusivement, dans dl iiiesni i <li détail.
(•\) Instructions du maréchal Baaaine, Borny, 13 aoûu
MESURES DEFECTUEUSES 215
garde de toutes armes, deux divisions au moins, et les établir sur le plateau Flavigny-Saint-Marcel- Doncourt-en-Jarnisy.
Les parcs, bagages et convois marcheront en tête des troupes et se rassembleront : ceux des 2e et 6e corps entre Longeville et Moulins; ceux du 3e corps, de la Garde, de la réserve générale d'artillerie au Ban Saint-Martin; ceux du -4e corps à la Maison-de-Planchc (I). La réunion de cette quantité considérable de voitures aux abords de la route de marche et dans l'intérieur d'un défilé qui s'étend depuis les ponts de la Moselle jusqu'à Gravelotte, constituait fatalement une source de désordre et de confusion, ainsi qu'une cause de retard et d'irrégularité dans le mourement des colonnes qui devaient suivie.
Le 14 août, à 4 heures et demie du matin, toutes les troupes prennent les armes et se tiennent prêtes à rompre en attendant, sur les emplacements de leurs bivouacs, un ordre de départ qui ne leur parviendra qu'après toute une matinée d'attente (2). Les convois s'ébranlent les
(1) Instructions du maréchal Bazaine, Borny, L8 août.
(2) Emplacement* le 14 au malin : 2'' eorp* cuir.- fifagnylur-Seille et Mercy-Iea-Metaj 3" corpa entra t i i i »; \ . Colomb Vantoux; V corpa dans la ion i Chieulles, ViUera-l'Onne, Mey, firme Grimont; 6* corpa à Woippy, daaa lea (Sorti de Metz, aux
abords sud de .Moutijjny et du SaMoii ; (larde entre les Bordel et Borny; division Forton au Ban Saint-Martin, division du Barail à -Montigny; réserve générale d'artillerie aux Bordes.