MOBILES DE VON DER GOLTZ
de ce qui se passe aux avant-postes de la Iro armée, Moltke y a envoyé, du grand état-major, le lieutenant-colonel von Brandenstcin et le capitaine Winterfeld. Ces deux officiers ne tardent pas à constater qu'aucune reconnaissance particulière n'est exécutée, contrairement aux instructions du grand quartier général (1). A la nouvelle de la retraite des Français, Manteuffel, commandant le I'r corps, est d'avis que l'attaque immédiate s'impose, mais il n'ose la prescrire sans l'assentiment de Steinmetz. Malgré les sollicitations de Brandenstein, celui-ci refuse nettement d'envoyer vers l'ouest autre chose que des patrouilles (2). Mais la bataille va s'engager malgré lui.
Le général von der Goltz, commandant l'av.iii!garde du VIT corps, à Laquenexy, s'est parfaitement rendu compte du mouvement de recul des Français. Il juge opportun de joindre un adversaire qui, une fois de plus, cherche à se dérober. Par un entretien avec le général von Hartmann, commandant la lrc division de cavalerie, il connail à peu près la situation générale et les intentions de Moltke. De plus, il brûle de prendre sa revanche de la journée de Forbach où les circonstances ne lui ont pas permis de jouer un rôle décisif (3). A une heure il reçoit la nouvelle,
(1) Cardinal von Widdbah, Die I. Arma*.., lue. cit., 43.
(2) Ibid., 47 (Compte-rendu de Brandeustein à Moltke).
(3) Cardinal von WlDDK&N , loc, cit., 22-27. — Cf. tunrù, p. 81.
d'ailleurs inexacte, d'un mouvement en avant de la /re division. Aussitôt, il donne l'alarme à ses troupes. Vers 3 h. 30, la retraite des Français se confirmant de tous côtés, von der Goltz prend la décision d'attaquer, et se dirige sur Marsilly et Colombey avec les sept bataillons, les huit escadrons et les deux batteries dont il dispose, non sans avoir prié les commandants des 43°et indivisions de le soutenir (1) .
En raison des positions qu'occupent encore le 3e corps et la division Grenier du 4% la lutte va s'engager sur la partie orientale du plateau situé à l'est de la Seille. Le terrain est coupé en deux parties inégales par le ruisseau encaissé de Yallièrcs qui descend de Sainte-Barbe, passe à Nouilly et à Vantoux, et se jette dans la Moselle visà-vis du centre de l'Ile Chambière. Au nord s'étale une longue crête généralement découverte , orientée du sud-ouest au nord-est, et qui s'élève insensiblement depuis Saint-Julien jusqu'à Saintes Barbe. Au sud du ruisseau, le plateau est parsemé de rideaux d'arbres, de pares, de boqueteaux et, dans la zone au sud-est de Borny, de bois atsea importants. Il présente la coupure du ravin de Colombey, dont la direction générale est
(I) Historique du grand Êtat-majorprutsten IV, 150. — «Je ne pin* pourtant pu Itiner 1rs Frasçaii m retirer tranquillement ! * aurait déclara1 \ 1er Qotak Braodan taie. (Cardinal ton \\'n>-