INITIATIVE DE VON DER GOT.TZ
du sud au nord, et dans lequel aboutissent les vallons de Coincy et de Montoy. La route de Sarrelouis et celle de Sarrebruck franchissent le ravin à Lauvallier et à La Planchette et se réunissent un peu à l'est de Bellecroix.
Gomme à Frœschvviller, l'initiative d'un général de brigade va entraîner l'armée entière à une bataille improvisée, contraire aux intentions et même aux prescriptions du commandement. Cette initiative était-elle justifiée par les circonstances? Était-elle conforme aux vues du grand quartier général? Von dcr Goltz savait que les Fiançais étaient en forces très supérieures, appuyées d'ailleurs par le canon des forts de Saint-Julien et de Queuleu. Rien ne pouvait les obliger à accepter le combat et, s'ils commettaient la faute de faire tête sur le ravin de Golombey, l'heure avancée ne permettait pas d'espérer qu'on les retarderait beaucoup dans leur mouvement, qu'ils pourraient d'ailleurs reprendre à la nuit. Sans doute, von dcr (ioltz se proposait non pas de pousser jusqu'aux glacis de Met/, mais de -'emparer seulement des hauteurs à l'ouest de Colombey de façon à gêner la retraite des Français avec son canon (l). Mais il ne lui était pat possible évidemment de limiter ainsi son offensive et celle des troupes voisines. Il semble donc que
(1) Historique du grand État-major prussien, IV, 490 sqq. I- 15
la décision de von der Goltz ait été dictée pai une conception erronée de la situation et des intentions du commandement et qu'elle peut diffi cilement se justifier. Les conséquences d'uni attaque aussi intempestive eussent pu devenii graves en face d'un adversaire moins inhabile que Bazaine (1) .
(i) L' Historique du grand État-major prussien, toujours enclii aux circonstances atténuantes, excuse à peine von (1er Goll (IV, 491).