PRISE DE SAINT-HUBERT
atteint de deux blessures, et une quarantaine d'hommes, prévenus trop tard de la retraite, tombent entre les mains de l'assaillant. D'autres, parmi lesquels les sergents Grès et Jammet, préfèrent la mort à la captivité et se font tuer les armes à la main (1).
Tandis que se produit l'attaque de Saint- Hubert, les Allemands font de nouveaux efforts, aux deux ailes de la 15' division. Six compagnies se sont portées des Sablières vers le Point-du- Jour, mais un feu écrasant les a forcées à regagner leur point de départ. Un pareil insuccès met fin à une tentative du 28' à 1 aile opposée pour progresser sur Moscou. Vers 3 h. 30, la 15' division se contente de conserver le terrain conquis; elle n'est donc pas arrivée, ainsi que le prétend V Historique du grand Éiat-major prussien, « à paralyser complètement le 2" corps, ainsi qu'une grande partie du 3% et à les mettre hors d état de venir en aide à 1 aile droite de 1 armée, contre laquelle se préparait le choc principal (2)» . Loin de songer à une pareille manœuvre, Frossard et Le Bœuf croient avoir tout fait en se
est pêle-mème; des monceaux de morts et de blessés augmentent encore la confusion... » (KcNZ, Kriegsgeschichtliche Beispiele, I, 7).
(i) Rapport du général Sanglé-Ferrière, 19 août; Historiques des 80' et 85' de ligne; Historique du grand Etat-major prussien, VI, 766; Metz, III, 368.
(2) Historique du </rand Etal-major prussien, VI, 769.
maintenant sur leurs positions. Des abords de Moscou, le I" bataillon du ii' fusille l'infanterie prussienne entassée dans le jardin de Saint- Hubert. Plus au sud, des fractions du 85', du 80", du 32'" et du 23' criblent de balles les groupes ennemis qui se montrent en avant de la ferme. Mais à cela se borne l'action de l'infanterie française : les nombreux bataillons massés à quelques centaines de mètres en arrière de la ligne de combat demeurent immobiles, alors qu'un retour offensif, vigoureusement mené, eût sans doute chassé de Saint-IIubert la cohue désorganisée qui vient de l'occuper (l).
Vers 3 heures, les troupes de la lô" division, très éprouvées et engagées dans une lutte très meurtrière, sont à peu près démunies de réserves. Gœben, qui se tient près de Gravelotte, juge nécessaire de les renforcer au moyen de l'artillerie et d'une brigade, la ST, de la Ki" division. Les trois quarts de l'infanterie du VHP corps vont donc être sérieusement engagés, contrairement aux prescriptions de Moltke. Partant de Mogador, la brigade s'avance vers l'est : le 20" régiment suivant la grande route, le 69' marchant
(1) Mett, m, 370.