‹ 1870, la guerre en LorraineChapitre 102 sur 168 · ATTAQUE DU POINT-DU-JODR · texte numérisé non relu

ATTAQUE DU POINT-DU-JODR

praticable ravin de Châtel. Dans les circonstances présentes, en fece d'un adversaire à peu près intact, elles ne pouvaient aboutir qu'à un désastre.

Des tranchées françaises, on a discerné les préparatifs de ce nouvel effort. Quelques pièces disponibles sont remises en position pour appuyer l'infanterie demeurée inébranlable sous les feux de l'artillerie prussienne. Sur toute la ligne de combat on s apprête à bien recevoir l'ennemi. Les premières fractions du 29' sont déjà parvenues à hauteur des carrières de Saint-Hubert, quand les batteries du VIP corps arrivent au trot, par la route de Gravelotte, et pénètrent dans le défilé en s'ouvrant un passage au travers des rangs de 1 infanterie. Seules, les quatres batteries de tête peuvent dépasser le 29^ et gagner le versant opposé ; derrière elles la division de cavalerie Hartmann s'est intercalée dans la colonne, obstruant ainsi le passage pour un temps très long. Le désordre résultant de l'accumulation de toutes ces troupes sur la chaussée et aux abords immédiats augmente encore à l'arrivée par la droite des 9* et 15' hussards qui, formés par trois, doublent la colonne et parviennent à hauteur des régiments de cuirassiers de la 1" division. « Il se produisit alors, au milieu de ces trente-deux escadrons enchevêtrés les uns dans les autres, une confusion prodigieuse.

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C'était le chaos dans la direction, dans la destination propre et le mode d'emploi des différentes armes, dans les conceptions tactiques, dans la manière d'apprécier les événements antérieurs. Gomment une entreprise débutant ainsi auraitelle pu avoir une heureuse issue, même dans les circonstances les plus favorables (1) ! »

A peine les premières pièces se montrent-elles, que le feu reprend sur notre front avec une terrible intensité. Les bataillons français déployés de part et d'autre du coude de la grande route (2) et les batteries de mitrailleuses des divisions Metman et Aymard font pleuvoir une grêle de balles sur ces nouveaux assaillants. Deux capitaines commandants sont blessés, l'un mortellement. Dès les premiers coups de canon, une batterie prussienne est « dans une situation désespérée » et contrainte de se retirer non sans « les plus extrêmes efforts i> . Une autre ne peut même pas se déployer et rétrograde vers le ravin. Deux batteries seulement peuvent se maintenir non loin de Saint-Hubert et lutter contre l'artillerie française des environs de Moscou, mais c'est au prix de pertes très lourdes (3).

Le 4" uhlans, qui marche en tête de la division

(1) Fritz HoEsiG, loc. cit., 210, 213.

(2) Au nord de la chaussée : I" du 85', I" du 80'; au sud I" et II' du 32", III' du 23', 3' et 12' bataillons de chasseurs.

(3) //istoritjiie du ijrand Etat-major prussien, VI, llb-TIl.

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