LES PRUSSIENS EN FUITE 2G
Hartmann, a réussi, après mille difficultés, à déboucher du défilé encombré de troupes de toutes armes. Il prend le galop et se déploie à droite de l'une des batteries, face au Point-du-Jour. Aucune occasion ne s'offrantpour exécuter la charge prescrite, le rég^iment reste sur place pendant quelques instants ; puis, décimé par le feu, il redescend dans le ravin de la Mance. Le reste de la division n'atteint même pas la sortie est du défilé. Hartmann a pu se convaincre en effet de l'impossibilité de faire agir des masses de cavalerie sur le plateau du Point-du-Jour. Afin d'éviter d'inutiles sacrifices, il fait sonner demi-tour : c'est le début d'un immense désarroi (1) . « Dans cette masse terriblement enchevêtrée, du plateau descendent au galop des avant-trains dont les attelages, en partie blessés, se sont emportés. Le 29" tente de se dégager, mais est mis dans la plus mauvaise posture... Que l'on ajoute à cela un nuage de poussière considérable, si épais que l'on peut à peine distinguer ses mains, puis le feu meurtrier des Français qui tirent sur cet amas fortement pressé d'hommes et de chevaux. On se heurte, on s'entre-croise, on crie, on gémit. A peine peut-on se faire une idée de cette scène. Soudain l'on entend, venant de l'arrière, du côté de Gravelotte, le signal demi-tour, et cette masse
. (1) Fritz HoEMio, loc. cit., 222.
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de cavaliers disparait du côté d'où elle est venue (1) ... » Il est 3 h. 45 environ.
Tel fut, dans cette folle entreprise, le sort de l'artillerie et de la cavalerie. L'infanterie n'eut guère un destin meilleur. Des tranchées françaises qui couronnent la crête du Point-du-Jour, surgissent tout à coup des bandes de tirailleurs qui s'avancent très rapidement. Le général Jolivet a remarqué l'arrivée des troupes fraîches ennemies : ce sont les trois bataillons du 39% qui se sont arrêtés au sud de la route, à 150 mètres environ des bois (2). Afin de prévenir une nouvelle attaque qu'il pressent imminente, Jolivet fait entrer en ligne deux bataillons du 76% qui se déploient sur la chaussée à la gauche du 3* bataillon de chasseurs, doublant ainsi deux bataillons du 55". Peu après, il observe le mouvement offensif de fractions du 33' vers la partie méridionale des grandes carrières. Pour séparer ces deux groupes d'assaillants, Jolivet jette en avant le 1" bataillon du 76^ que deux ou trois compagnies du 55% entraînées par l'exemple, appuient aussitôt sur sa droite. Enfin une compagnie du 77% embusquée dans le voisinage du coude de la grande route, charge à la baïonnette, bientôt suivie de deux autres, du même régiment. Les fractions du 33% arrivées aux carrières, s'enfuient
(1) KuMZ, loc. cit., I, 10.
(2) Le 39' appartient à la division Rameke, du VII* corps.