‹ 1870, la guerre en LorraineChapitre 106 sur 168 · LA. DIVISION DELIGNY Î · texte numérisé non relu

LA. DIVISION DELIGNY Î

elles ne partent du mont Saint-Quentin qu'entre 3 et 4 heures de l'après-midi et n'arriveront à destination que vers 6 heures (1). Le commandant Abraham est chargé en outre d'amener à Ganrobert vingt caissons de munitions, mais le convoi ne quitte Plappeville qu'à 5 heures et n'atteint les environs d'Amanvillers qu'après 6 heures (2) .

Quant à la division de la Garde annoncée, elle ne rejoindra pas Ganrobert de la journée. Dans la matinée, Bazaine a prescrit à Bourbaki de porter une brigade sur l'éperon au nord-ouest de Châtel. Le général Brincourt s'y établit à une heure avec les 1" et 2" voltigeurs et la compagnie du génie divisionnaire ; il n'interviendra pas dans la lutte (3). L'autre brigade de la division Deligny est maintenue au mont Saint-Quentin; elle détachera, un peu plus tard, le 3^ voltigeurs qui se placera au nord-est de Moscou derrière la division Aymard (4). Le commandant de la Garde ne dispose donc plus, en fait d'infanterie, que de la division Picard. Apprenant, vers une heure et demie, que Ganrobert est attaqué à Saint- Privat, Bourbaki consigne toutes ses troupes dans

(1) Rapport du commandant de Contamine, 19 août.

(2) Procès Bazaine, Déposition du commandant Abraham, 280; Note du commandant Maignien, 19 août; Journal du général Soleille ; Metz, III, 400.

(3) Procès Bazaine, Déposition du général Bourbaki, 234.

(4) Journal de la brigade Garnier : Historique du S" voltigeur».

leurs camps, puis se dirige vers le plateau de la ferme Saint-Vincent. Du Gros-Chêne, à l'est de La Folie, il aperçoit de grands nuages de fumée qui ne lui laissent aucun doute sur l'importance de l'action engagée. Dépourvu de toute indication sur le rôle qui lui est réservé (1), Bourbaki juge nécessaire de rapprocher d'Amanvillers la division Picard. Il en rend compte à Bazaine et lui fait part « des inquiétudes qu'il est permis de concevoir du côté des routes de Briey et de Thionville (2) » . En même temps, il envoie le commandant de Beaumont au Saint- Quentin avec mission de « voir si l'ennemi ne fait pas de progrès le long des rives de la Moselle, dans la direction des villages de Vaux et de Sainte-Ruffine (3) » .

Laissant les tentes dressées, la division de grenadiers s'est mise en marche et vient se déployer vers 4 heures sur le plateau de la ferme Saint- Vincent. Bourbaki la fait avancer un peu plus

(1) Vers 10 -heures du matin, le capitaine de Mornay-Soult, aide de camp de Bazaine, a communiqué à Bourbaki, de la part du commandant en chef, un billet dans lequel Le Bœuf annonce un engagement sérieux imminent Bourbaki demande à Mornay- Soult quels sont les ordres de Bazaine. L'aide de camp répond : « M. le maréchal vous laisse libre » (Procès Bautiite, Déposition du général Bourbaki, 233).

(2) Instruction relative au procès Bazaine, Déposition du général Bourbaki.

(3) Conseil d'enquête sur les capitulations, Déposition du commandant de Beaumont.

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