FAUTES IMPUNIES
ment de ce bombardement intense, tandis qu'au nord s'accentue de plus en plus le mouvement tournant des Saxons, qui aura raison enfin de leur opiniâtreté.
Gomme Manstein à Verneville, comme Steinmetz sur la Mance, le prince de Wurtemberg a ordonné devant Saint-Privat une attaque irréfléchie, irrationnelle et aussi peu conforme au plan d'engagement général que peu indiquée par la situation tactique. Si ces fautes graves sont restées impunies, il faut en chercher la raison dans une erreur de doctrine qui rivait étroitement au terrain des troupes dont l'élan avait fait les victoires de Malakoff, de Magenta et de Solférino. "Le 18 août, dit un écrivain allemand, il s'est présenté fréquemment des circonstances dans lesquelles des divisions d infanterie française, bien conduites, auraient pu obtenir de grands succès. Nous étions, dans cette bataille mémorable, exposés au danger de contre-attaques heureuses de la part des Français ; mais nous avons eu cette grande bonne fortune que les Français n'ont, sur aucun point, tenté de ces contreattaques avec des masses, bien qu'ils disposassent des forces nécessaires (1). » On ne saurait, en particulier, imaginer une occasion plus favorable, pour une contre-attaque de la Garde impériale,
(1) Major Ku»z, le Maréchal Bazaine pouvait-il en 1870 sauver la France? 127.
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que le moment où la (iarde prussienne s'arrêtait exténuée et désorfjanisce devant Saint-Privat et où le mouvement tournant des Saxons n'était pas encore dessiné. Mais une telle manœuvre exigeait l'intervention du commandant en chef, et Bazaine, on le sait, se désintéressant de la lutte, n'en voulait même pas connaître les péripéties.