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CHAPITRE IX

Les 45' et 47' brigades au boisd'Auboué. — Bond de l'artillerie saxonne. — La 46' brigade à Auboué. — La colonne tournante à Montois. — Prise de Roncourt. — Canrobert localise la défense autour de Saint-Privat. — Nombreuses troupes accumulées dans le village. — L'artillerie du 6'' corps aux carrières de La Croix. — Attaque de Saint-Privat. — Préparation de cette attaque par trente batteries allemandes. — Belle défense du 6' corps. — L'assaut. — Combats à l'intérieur du village.

Tandis que la Garde prussienne entreprend sur Saint-Privat une attaque de front sang^lante et infructueuse, les Saxons continuent leur marche par la vallée de l'Orne et gagnent de plus en plus vers notre droite. Vers 5 h. 15, la 45" brigade, forte de trois régiments, atteint la lisière orientale des bois à l'est d'Auboué, et aussitôt les grenadiers du Corps s'engagent contre le IV bataillon du 10^ de ligne déployé sur les pentes à l'ouest de Roncourt. Un bataillon saxon est dirigé en même temps sur Montois, qui parait faiblement occupé. Mais, peu après, toute la brigade

reçoit l'ordre de se borner « à entretenir le combat jusqu'à l'entrée en ligne de la colonne tournante (l) » .

De son côté, la 47' brigade a quitté, vers 5 h. 30, les abords de Sainte-Marie, et s'est portée, à l'abri de la crête située au nord, vers la lisière sud des boisd'Auboué. L'artillerie saxonne l fait un bond en avant jusqu'au chemin de Sainte- I Marie à Montois : neuf batteries tiennent sous ' leur feu Roncourt et les quatre batteries fran- | çaises qui se montrent encore sur la crête au sud. Sur ces entrefaites, la 46' brigade dépasse Auboué et se masse entre cette localité et les bois à l'est. Enfin, la colonne chargée du mouvement tournant — 48* brigade, quatre régiments de Reifer, ; trois batteries — a suivi, à partir d'Auboué, la rive droite de l'Orne et atteint vers 6 heures le j plateau au nord-ouest de Montois. Croyant Montois occupé, elle se déploie; puis, l'erreur reconnue, elle poursuit sa marche sur Roncourt, sauf la cavalerie qui demeure en formation d'attente à l'est et à l'ouest de Montois. Deux escadrons envoyés dès 4 heures d'Auboué, l'un sur Richemont, l'autre sur Uckange, détruisent, entre 7 et 8 heures, la voie ferrée de Metz à Thionville. La 45' brigade reprend, de son côté, sa marche sur Roncourt en refoulant sans difficulté les tirail-

(1) Historique du <frand État-major prussien, VI, 837.

RONCOÏÏRT ABANDONNE 305

leurs français du IT bataillon du lO*" et du I" du 01'. A 6 h. 30, l'attaque du village va commencer au moment même où les dernières fractions des deux brigades de la Garde, effroyablement décimées, atteignent par un dernier effort le bord de la terrasse de Saint-Privat (l) .

Entourée au nord et à l'ouest par deux brigades saxonnes auxquelles se sont joints deux bataillons de la Garde, la position de Roncourt n'est gardée que par deux faibles bataillons, le I" du 9* et le I" du 75'. Au sud-ouest du village, le reste du 75" de ligne, exposé à un feu terrible d'artillerie, est dans une situation difficile depuis la retraite du 91* qui, précédemment placé à sa gauche, face à Sainte-Marie, s est replié derrière la crête de Saint-Privat-Roncourt. Ce mouvement de recul est bientôt suivi par le 75'. Resté seul à Roncourt, le bataillon du 9% dont la position est intenable, se jette dans la forêt de Jaumont (2) . Les quatre batteries qui occupent encore la crête au sud de Roncourt n'étant plus couvertes par l'infanterie, amènent les avant-trains et gagnent, au sud-est de Saint-Privat, la croupe des carrières de La Croix, où se sont déjà diri-

(1) J)er 18. August, 503-509; Metz, III, 454.

^2) Historiques manuscrits des 9', 10*, 75', 91' de ligne ; Rapport du lieutenant-colonel de Brem, 20 août; Metz, III, 463. — Le rapport du général Bisson mentionne « plusieurs charges à la baïonnette » exécutées par le I" bataillon du 9*. L'historique du corps n'en parle pas.

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