LA DEFENSE DE SAINT-PRIVAT
lOO' entre également dans Saint-Privat, tandis que les deux premiers bataillons de ce régiment, restés jusqu'alors près de Jérusalem, se déploient sur la croupe au nord-est de Saint-Privat, face à Roncourt, appuyant leur droite à la forêt de Jaumont. Derrière eux sont placés le 94* et la brigade Bruchard. Enfin, pour parer à une attaque de cavalerie, qui semble devoir déboucher de Roncourt, Ganrobert fait former les débris des 75* et 9 F de ligne en carrés échelonnés au nord-ouest de Marengo (1). Un détachement du 25^ est embusqué dans les maisons de Jérusalem. Entre ce hameau et la ferme de Marengo se sont ralliés les régiments de la division Levassor. Enfin, presque toute l'artillerie du 6' corps, renforcée de deux batteries de la réserve générale et de quelques batteries du i*" corps, est en position sur la croupe des carrières de La Croix (2) . Il est 7 heures du soir environ. La situation du 6* corps n'est pas désespérée en ce sens que la retraite sur Metz n'est nullement compromise, mais la bataille est perdue à l'aile droite française parce que le commandement et les troupes, ébranlés dans leur moral (3), ont perdu l'espoir
(1) Rapport du général Tixier, 21 août ; Historiques manuscrits des 4* et 100' de ligne; Metz, III, 465. — C'est sans doute à ce moment que se place la charge prescrite à du Barail.
^2) Metz, III, 471.
(3) Dès 6 heures, commencent à arriver à Metz des officiers et des soldats des 4' et 6' corps, a Ceux de ce dernier, particulière-
de vaincre et ne combattent plus que pour conserver jusqu'à la dernière extrémité, le poste qui leur a été confié.
Des fractions de la 48' et de la 45* brigade, ainsi que quelques compagnies de la Garde, ont pénétré à peu près simultanément dans Roncourt, entre 6 h. 45 et 7 heures (1). Elles poursuivent de leurs feux le bataillon du 9*" de ligne en retraite sur la forêt de Jaumont. Les deux régiments de cavalerie rassemblés à l'est de Montois se portent en avant vers la grande route à Test de Saint-FVivat, mais la fusillade partant de la lisière des bois les oblige à se mettre à Tabri dans un vallon au nord-est de Roncourt. Les autres troupes saxonnes, primitivement affectées à l'attaque de ce village, se sont dirigées droit sur Saint-Privat : un officier d'ordonnance du général von Pape les a mises, en effet, au courant de la situation de la Garde et les a sollicitées « d'intervenir le plus promptement possible (2) » .
Attaqué de front par les fractions qui débouchent de Roncourt et débordé sur sa gauche par des forces considérables, le H" bataillon du 9'
ment, apportent des nouvelle* peu satisfaisantes » (Journal de inarche de la division Laveaucoupet).
(Il) Historique du grand Etat-major prussien, VI, 843.
(2) Ibid.