LA G AUDE IMPÉRIALE 3Î
tion d'attente à la ferme Saint-Vincent, de se placer à cheval sur la route, à 600 mètres environ du débouché des bois. L'obstacle matériel que présentent les batteries et la confiance qu inspire la belle attitude de cette troupe ont bientôt raison de l'affolement. Vers 7 heures, la colonne, atteinte dans son moral par cette contre-marche et par l'aspect des fuyards, vient se reformer sur le plateau qu'elle a quitté une heure avant (1). Voyant la Garde rétrog^rader définitivement, La Tour-du-Pin retourne auprès de Ladmirault et lui expose les faits. A ce moment même, arrive le commandant de Lonclas, aide de camp de Canrobert, annonçant que le 6' corps est o en pleine retraite « . Ladmirault ne répond que par un geste accablé, puis ordonne à La Tour-du-Pin de repartir aussitôt : " Allez vers le général Bourbaki, et dites-lui que peut-être je vais être obligé d'en faire autant pour éviter d'être enveloppé (2) . »
Ladmirault comprend alors que l'heure de la défaite vient de sonner irrévocablement. L'entrée en ligne des grenadiers de la Garde à Amanvil- 1ers eùt-elle suffi pour décider de la journée en notre faveur? La question reste douteuse. Mais il est certain que, d'une manière générale, des
(1) Rapport du lieutenant-colonel Deiatte, 25 septembre; îiote du général Bourbaki ; Metz, III, 497-501.
(2) Procès Bazaine, Déposition La Tonr-du-Pin, 282.