RETRAITE DU 6* CORPS
ouest de Saint-Privat. Un bataillon de grenadiers et un bataillon de zouaves encadrent ces quatre batteries; le reste de la brigade Jeanningros est échelonné en arrière. Enfin, les deux dernières batteries à cheval de la Garde et les deux batteries du lieutenant-colonel Delatte placées sur le plateau au nord-est de la ferme Saint-Vincent tirent sur Jérusalem, mais de trop loin pour produire grand effet, La présence de ces troupes fraîches et la ferme contenance des corps qui se retirent en imposent à l'ennemi (1). Les débris du 25' de ligne, ralliés encore une fois par leurs officiers, tentent même un retour offensif dans la direction de Saint-Privat. Réunis autour des drapeaux et entraînés par le colonel Gibon, ils s'avancent, aux accents de la Marseillaise, jusqu'à peu de distance de Jérusalem. Mais à ce moment, la nuit est complète et, après avoir parcouru un kilomètre, ces braves reçoivent du maréchal Canrobert l'ordre de battre définitivement en retraite (2).
Le long couloir que suit la grande route depuis Marengo jusqu'à Saulny est bondé de voitures de toutes sortes au travers desquelles roule le flot toujours grossissant des isolés qui refluent vers Metz. Après la prise de Saint-Privat, les troupes du G' corps viennent également s'engouffrer dans ce
(1) Rapport du lieutenant-colonel Delatte; Metz., III, 535.
(2) Historique manuscrit du 25° de ligne.
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défilé où l'encombrement devient énorme. Après huit heures de combat, la nervosité et la lassitude physique et morale sont telles que les moindres incidents provoquent des paniques (1). Heureusement quelques unités restent compactes et tiennent tète A l'adversaire. Pas une pièce de canon du 6' corps ne tombe en son pouvoir. La division de cavalerie du Baruil exécute sa retraite au pas (I dans un ordre parfait, couvrant la plaine, masquant les mouvements de notre infanterie et appuyant les troupes d'arrière-garde qui contiennent Tennemi (2) " .
La retraite de Ganrobert a découvert le flanc droit du 4' corps. Aussi, dès 7 heures, la situation de la division de Gissey est-elle devenue difficile. L'artillerie, dont le personnel est très réduit et dont les munitions sont à peu près épuisées, a du se retirer vers les carrières de La Croix. Ce fut, dit l'historique d'une des batteries, « le moment le plus terrible de la journée (3) » . Abandonnée à peu près à ses propres forces, l'infanterie ne con-
(1) Rapport du colonel Henrion-Bertier, du 70*; Journal de campagne du lieutenant Palle; Historique de la 5' batterie du 15'; M,-tz, II, 5V4-550.
(2) Rapport du général Bisson, 19 août; Rapport du général du fiarail, 20 août.
(3) Historique de la 12* batterie du 15".