‹ 1870, la guerre en LorraineChapitre 128 sur 168 · LA DIVISIO>' CISSEY DEBORDEE · texte numérisé non relu

LA DIVISIO>' CISSEY DEBORDEE

tient qu'avec peine les grenadiers de la 3' brigade de la Garde et surtout les Hessois, qui cherchent à gagner du terrain dans le vide laissé au nord d Amanvillers par la retraite de fractions du 6' corps. La première ligne de la division exécute un changement de front à droite et, par des feux à commandement, par-dessus les tirailleurs, arrête pour quelque temps ce mouvement débordant (1). Mais, Saint-Privat une fois conquis, lartillerie prussienne a fait un bond en avant et prend maintenant d écharpe les bataillons du i"" corps dont la position devient critique. « Il y a près de cinq heures que nous sommes sous le feu du canon, a écrit plus tard Cissey; le général de Golberg a été frappé d'un obus à 1 épaule; le colonel Supervielle (du ~y) a été emporté du champ de bataille, les jambes fracassées; le colonel Frémont (du 1" de ligne) est également blessé; tout mon état-major est démonté, mon escorte brisée, dispersée, le champ de bataille est jonché des plus effroyables débris (2) ! »

Prévoyant que la retraite va devenir inévitable, Cissey fait demander des ordres à Ladmirault. C est le moment où le commandant du i' corps vient d'apprendre à la fois les événements qui se sont déroulés à Saint-Privat et le

(1) Général de Cisset, Souvenirs inédits.

(2) Ibid.

mouvement rétrograde de la Garde impériale vers la ferme Saint-Vincent. Dans ces conjonctures, il est urgent de préparer une position de repli au nord-est d'Amanvillers, afin de s'opposer à la manœuvre enveloppante que pourra tenter l'ennemi après la prise de Saint-Privat. La 2* brigade de la division de Cissey se porte sur le bois de Saulny en bon ordre, malgré « un feu écrasant » ; à peine arrivée à la lisière, elle fait face à l'adversaire qui s'est lancé à sa poursuite, et l'arrête par une vive fusillade (1). Complètement isolé désormais à l'est des Mares, le 1" de ligne est " pris de flanc, de face et à revers par les batteries ennemies... dans un véritable océan de fer et de feu » . Sur l'ordre de Cissey, il rétrograde vers la tranchée du chemin de fer où il se maintient encore pendant plus d'une heure (2). Le reste de la division gagne les bois au sud des carrières de La Croix et, entre 8 heures et demie et 9 heures, se met en marche sur Metz par Saulny et Woippy (8) .

Avant de se résoudre à replier la division de Cissey, Ladmirault a envoyé successivement plusieurs officiers à Le Bœuf pour l'informer de la situation du i" corps et lui demander le secours

(1) Historiques luanuscriu des 57* et 73* de ligne, J^etz, III,

(2) Historique manuscrit du 1" de ligne.

(3) Metz, III, 556.

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