‹ 1870, la guerre en LorraineChapitre 138 sur 168 · INTERVENTION DE LA .?' DIVISION · texte numérisé non relu

INTERVENTION DE LA .?' DIVISION

ouvrent un feu violent. Les débris des cinquanteneuf compagnies prussiennes entassés en désordre aux abords de la ferme, recevant tout à coup des balles à revers, s'affolent et refluent vers le fond du ravin dans une inexprimable confusion. « Là s'entrechoquent dans Tobscurité deux courants de sens contraire : l'un se dirigeant, en désordre et sans chef, de l'avant à l'arrière; l'autre venant à sa rencontre... Il ne pouvait être question d'exécuter une attaque de nuit dans de semblables circonstances; cette nouvelle panique, la plus funeste et la plus durable de la journée, avait, dès le début, étouffé dans son germe toute action d'ensemble (1). » Une seule brigade fraîche lancée dans cette cohue, et c'était pour Frossard un succès certain.

Quand on fut parvenu à faire cesser la méprise et à calmer un peu le désarroi, les bataillons de la 3* division reprirent leur marche en avant. Leur effort se porte à la fois vers Moscou, vers le Point-du-Jour et les carrières situées au sud de la route. La division Vergé les accueille par des feux à volonté qui les arrêtent à hauteur de Saint-Hubert. La confusion renaît avec l'afflux de nouvelles troupes et la tombée de la nuit. Un moment vient où des chaînes de tirailleurs allemands s'avancent sur nos tranchées; mais quel-

(1) Friu HoEMG, loc. cit., 290.

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ques feux de salve et, sur certains points, des charges à la baïonnette les font promptement reculer. La nuit est si complète que l'assaillant ne peut plus distinguer amis et ennemis. Les lueurs des incendies du Point-du-Jour et de Moscou et les éclairs produits par les feux incessants des Français donnent seuls une idée vague de leurs emplacements. A plusieurs reprises, les Allemands tirent les uns sur les autres, et le désordre prend « des proportions effrayantes (1) ».

Ainsi, les dix bataillons qui ont pris part à l'attaque de la 3* division, loin d'agir en masse sur Saint-Hubert et le Point-du-Jour, comme se le proposait Fransecky, se sont égrenés peu à peu dans différentes directions. Quelques fractions seulement ont pu s'engager à courte distance, mais en aucun point n'ont pu nousdéloger. Les débris de la P armée et de la 3' division n'échappent à la destruction que grâce à notre passivité constante.

Vers 9 heures, Fransecky est à Saint-Hubert avec un certain nombre de généraux et d'officiers supérieurs. Tous se concertent et, au lieu de chercher à « remettre de l'ordre dans ces débris informes appartenant à trois corps d'armée '» , ils commettent une nouvelle faute en faisant avancer un régiment frais, le 42% et toute la

(1) KuNZ, loc. cit., I, 47. — Cf. Historique du grand Étatmajor prussien, VI, 806.

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