‹ 1870, la guerre en LorraineChapitre 142 sur 168 · FERMETÉ D*AME DE MOLTKE · texte numérisé non relu

FERMETÉ D*AME DE MOLTKE

lions à cet effet sont rédigées sur le champ (1).

Dans des circontances aussi critiques, Moltke, on doit le reconnaitre, a montré la fermeté d'àme et l'esprit de décision des grands capitaines. Lorsque dans la nuit 2) arrive la nouvelle du succès remporté par la II' armée à Saint-Privat, il l'accueille avec une indifférence apparente, comme s'il n'eut pu en être autrement, et il prend immédiatement toutes les mesures que commande la situation nouvelle créée par cette victoire, malgré tout inespérée (3) .

A la fin de l'action, Steinmetz s'est rendu à Gravelotte, où se rassemblent les éléments épars

(i; Verdï dc Vkrsois, loc. cit., 101-102. — Le personnage (1 un grade élevé dont il est question est vraisemblablement le {jénéral Roon, ministre de la Guerre. Le roi semble avoir fait quelques difficultés pour approuver l'attaque du lendemain (Moltke, Gesammelte Schriften, V, 298-299). On s'explique mal que Moltke ait pu, suivant l'État-major prussien, féliciter le roi du gain de la bataille {^Kriegsgeschichtliche Einzelschrifleu , Heft 19, 46). On ne comprend pas davantage que le télégramme du roi à la reine annonçant que les Français sont « complètement battus » , porte l'indication 9 heures du soir {Ibid., 47). Verdy du Vernois indique 10 heures (loc. cit., 102), ce qui semble encore prématuré.

(2) « Après minuit « , selon Fritz HoexiG (loc. cit., 326).

(3) Dans l'après-midi du 19, Moltke retourne à Pont-à-Mousson avec Verdv du Vernois et le capitaine von Winterfeld. Il semble plongé dans ses réflexions. Soudain il rompt le silence : * J'ai pourtaut appris, une fois de plus, que l'on n'est jamais assez fort sur le champ de bataille. » Non loin de Pont-à-Mousson, trè« pittoresque et d'aspect riant au coucher du soleil, Moltke reprend : « Avec quelles pensées arriverions-nous ici si nous avions été les vaincus! » (Vebdy du Versois, toc. cit., 111-112)

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et dissociés des VU* et Vlir corps, sauf pourlani les bataillons engagés sur la lisière orientale du bois de Vaux, qui passent la nuit sur les positions conquises dans les derniers instants de la lutte. La i" division de cavalerie s'installe au bivouac près de Rezonville. Le IT corps demeure au contact des Français, en face du Point-du- Jour et de Moscou (1) .

A la ir armée, les troupes qui ont réellement combattu sont à peu prés épuisées. A 8 heures et demie du soir, Frédéric-Charles donne l'ordre suivant :

« Les corps d'armée bivouaqueront sur les emplacements qu'ils occupaient à l'issue de la bataille; ils établiront des avant-postes d'infanterie, qui auront à se relier avec les corps latéraux et se tiendront en garde contre les tentatives désespérées que l'ennemi pourrait prononcer dans la nuit pour s'ouvrir un passage (2)... »

En conséquence, les unités de la IT armée s'établissent : le XIP corps entre Montois, Roncourt et Saint-Privat; la Garde entre Ronconrt, Saint-Privat, Sainte-Marie; la cavalerie à Batilly; le X* corps à Saint-Privat et Saint-Ail; le IX% assez morcelé, à Vernéville, à Chantrenne et au bois de la Cusse ; le IIP près du bois des Génivaux ; la 5' division de cavalerie entre Saint-Ail et

(1) Hisloti(jue (lu yiaiid lÀut-innjor prussien, VI, 868.

(2) Ibid., 807.

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