ATTAQUE DE LA 6' DIVISION
immédiate et énerg^ique de la 6' division est abso' lument indispensable. Il envoie donc à Buddenbrock l'ordre d'attaquer en mettant toutes ses forces en ligne (1) .
A la 12' brigade, le 64' s'avance vers Vionville par les abords de la grande route; derrière lui, le 24" chemine entre la chaussée et le bois de Tronville (2) et, afin de couvrir la gauche, jette un bataillon dans le bois même. A la ii* brigade, le 35", en première ligne, se déploie face à l'intervalle entre la partie sud de Vionville et le hameau de Flavigny; il est suivi du 20" qui, sur l'ordre de Buddenbrock, laisse deux bataillons en réserve à Tronville (3) . Sur ces entrefaites, toutes les batteries qui ont abandonné la lutte sont rentrées en action, et trois autres atteignent le champ de bataille. Au total, abstraction faite des quatre batteries de la 5' division, onze batteries appuient l'attaque de la C* division : cinq sur le mamelon à l'ouest de Vionville ; deux au sud de ce village, près du cimetière; quatre au nord-ouest de la statue de la Vierge (4) . L'artillerie prussienne ne tarde pas à prendre la supériorité du feu sur les batteries françaises des
(1) Historique du grand Etat-major prussien, V, 237; Kriegsgeschichtliche Eiiizelschriften, Heft 18, 549.
(2) Suivant certaines cartes, nous appelons bois de Tronville le bois situé au nord-ouest de Vionville.
(3) Historique du qrand Etat-major prussien, Y, 537-538.
(4) Ibid., 538.
nEZONVIM r
2* et G' corps disséminées sur un arc de cercle convexe s'étendant de la voie romaine au bois des Ognons et coupant la grande route à peu près à mi-distance entre Kezonville et Vionville. Ces dernières agissent sans direction tactique; elles n'entrent en ligne que successivement; elles s'établissent à découvert; elles cessent souvent le feu soit pour ménager leurs munitions, soit pour aller se réapprovisionner. Un grand nombre d'autres appartenant au 2* corps, à la Garde, à la réserve générale, restent inutilisées. L'artillerie prussienne conquiert donc facilement l'avantage pour le conserver presque partout jusqu'à la nuit. Vers 11 h. 30, Vionville est simultanément attaqué au sud, à l'ouest et au nord par treize compagnies prussiennes (1), Le 12' bataillon de chasseurs, qui occupe seul, en flèche, cette localité, est contraint de Tévacuer et de se reporter derrière la première crête à l'est (2) . Le I" bataillon du 2;i , dont la droite est découverte, rétrograde également sur cette crête. Le bataillon du 24% jeté dans le bois de Tronville, l'a traversé et s'est engagé dans un combat violent à la fois contre le 75* de ligne qui lui fait face et le 10% de la division Tixier, établi avec trois batteries à la lisière sud du bois de Saint-Marcel, le long de la voie romaine. Bientôt les deux autres
fi) Cinq du .95', trois du 25*, cinq du 64*. (2) Rapport du général Mangin; Metz, II, 238.
PRISE DE VIONVILLE 39
bataillons du 24* sont obligés d'intervenir à la gauche du premier. Cette longue ligne mince lutte le long du ravin qui borde la lisière est du bois
contre les masses bien supérieures d un adver-
lire qui se renforce sans cesse (1) ». S'apercevant de la situation difficile de son aile gauche, Buddenbrock envoie, en soutien du 24", un bataillon du 20* resté jusque-là en réserve à Tronville (2).
Pendant ce temps, la 11' brigade a continué sa marche vers l'est. Après la prise de Vionville, deux bataillons du 35' et un du 20* se portent sur Flavigny. Les II* et IIP bataillons du 23* de ligne, déployés sur la créte à l'ouest du hameau, les accueillent par un feu très meurtrier (3); mais, débordés par le nord et criblés d'obus, ils sont obligés de se replier vers Gravelotte en même temps que le reste de la brigade Mangin. Une énergique contre-attaque de trois compagnies du 23*, enlevées par le lieutenant-colonel de Linière, marque un temps d'arrêt dans la marche des troupes allemandes et permet aux 94* et 91' ré-
iments, de la division La Font de Villiers, d'intervenir à leur tour (4) .
(1) Historique du (jrand Etat-major prussien, V, 541.
(2) Ibid., 542.
(3) Ed moins de cinq minutes, deux compagnies perdent ^ officiers et 185 hommes, c'est-à-dire plus du tiers de leur
iVectif {Das Brandenburgische Fusilier-Régiment Nr. 35, 72). (V) Historique manuscrit du 23* de ligne; Metz, II, 243.
*Ô REZONVILLE V
Marchant en bataille pour offrir le moins de profondeur possible au tir de l'artillerie, le 94* de li{;ne franchit la grande route et se dirige sur Flavigny. Peu à peu le mouvement s'accélère et se transforme en une véritable course vers I hameau où l'ennemi vient de pénétrer. Parvenu en effet au chemin de Rezonville à Ghambley, un bataillon de la />• division (I) s'est porté sur Flavigny dont l'artillerie de la crête Sainte-Marie prépare très efficacement l'attaque. Les feux d'écharpe du ÎÎ2' de ligne, qui protège la retraite de la brigade Fauvart-Bastoul, joints à ceux de l'aile gauche du 8*, encore déployé à ce moment en avant de Flavigny, mettent un instant le bataillon prussien dans une situation critique. Mais, grâce au renfort d un autre bataillon et au recul du 8* de ligne, les Prussiens parviennent à se jeter dans Flavigny. Un combat corps à corps s'engage entre eux et le I" bataillon du 8*. Le 94* de ligne apparaît alors sur la crête au nord du hameau. A peine ses tirailleurs ont-ils ouvert le feu, que les Prussiens cèdent et refluent jusqu'à une plateforme située à 500 mètres environ au sud. Le 94' occupe Flavigny sans résistance : une partie du régiment s'établit à droite et à gauche, une autre fraction reste en réserve en arrière (2) .
(1) Voir sufjrù, p. 29. — C'est le IIl^ halaillondu i2*.
(2) h' Historique du grand Étal-major prussien (V, 545 et supplément XiX) n'uvait donDc de ces faits qu'un récit très