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NOTRE GAUCHE RENFORCÉE

nières maisons (1) . Près deRezonville également, se trouvent les batteries de la réserve du 2" corps non encore engagées et huit batteries de la réserve générale (2) . Le 9* de ligne et les deux batteries qui constituent toute la division Bisson se sont placés le long de la route de Verdun, la gauche à Rezonville (3) . A ces quinze bataillons du 6' corps, auprès desquels se sont ralliées les troupes du général Frossard, Bazaine joint encore toute la Garde. La division de grenadiers Picard se déploie au sud et au sud-ouest de Gravelotte, surveillant le bois des Ognons et le ravin d'Ars. La division de voltigeurs Deligny se porte au nord de la Maison de Poste, faisant fouiller le bois Leprince. La division de cavalerie, réduite à deux régiments, rejoint au nord de Rezonville les divisions Forlon et Valabrègue (4) .

Vers midi et demi, tandis que Bazaine dispose ainsi à ses deux ailes de troupes fraîches considérables, Alvensleben a engagé toute son infanterie sur une longue ligne de plus de six kilomètres qui s'étend depuis le bois de Vionville jusqu'à la voie romaine. Le IIP corps a pour appui très efficace l'artillerie déployée sur les

(1) Rapport du général Levassor-Sorval, 18 août.

(2) Metz, II, 275.

(3) Rapport du général Bisson, 17 août; Historique manuscrit du 9* de ligne.

(4) Journal de marche de la Garde ; Rapport du général Bourbaki, 21 août.

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crêtes qui s'étendent en demi-ccrcIe autour de Rezonville, mais il n'a d'autre réserve que de la cavalerie et trois bataillons du X" corps.

Deux détachements de ce corps d'armét- .^oiiL accourus en effet au feu avec une louable initiative. L'un d'eux, comprenant deux bataillons, deux escadrons, une batterie, sous les ordres du colonel Lyncker, est parti de Novéant à 8 h. '10, derrière la .0' division, pour rallier le reste de la ,97" brigade à Chambley. Au bruit du canon, Lyncker, se faisant précéder de sa batterie, s'est mis à la disposition de Stillpuag^el : son infanterie a été aussitôt utilisée pour couvrir le front de l'artillerie vers la cote 32G. Vers midi, arrive à Tronville le reste de la 37* brig^ade, sous les ordres du colonel Lehmann : d'abord une batterie et six pelotons de cavalerie, puis quatre bataillons, dont l'un est immédiatement dirigé vers le bois de Tronville (1).

Certain désormais d'avoir en face de lui l'armée du Rhin tout entière, Alvensleben « se maintient néanmoins dans la ferme volonté d'attaquer, au moins avec son aile gauche, pour ne pas donner à son adversaire le temps de la réflexion et continuer à lui faire supposer qu'il est menacé par des forces plus considérables (2) » .

En cas d'insuccès, son intention est de se replier

(1) Historique du grand Etat-major prussien, V, 547.

(2) Kriegsgeschichtliche Einzelachriftcn, Heft 18, 555.

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sur Verdun. «Bazaine pouvait me battre, écrit-il, mais il ne se serait pas de longtemps débarrassé de moi. S'il ne me venait aucun secours, je me retirais sur Verdun en gardant la route que j'avais conquise, avec l'espérance que le X* corps protégerait mon mouvement en débouchant sur ma droite. A l'un des instants les plus critiques (vers une heure, alors que le mouvement enveloppant des Français était très menaçant et que le X' corps n'était point encore signalé) , j'exprimai au général von Bûlow le désir de lui voir occuper avec un groupe de batteries, une position de repli entre Mars-la-Tour et Ville-sur-Yron. Le général von Biilow me pria de surseoir à l'exécution d'un pareil ordre : toute l'artillerie était vivement engagée, et l'effet moral de cette mesure eût été fâcheux. Il m'assura que, dès qu'elle lui paraîtrait absolument nécessaire, il provoquerait mes ordres et répondrait de leur exécution. Je me tins pour satisfait et, par bonheur, le mouvement prévu fut inutile. Bientôt j'appris le voisinage et la direction de marche du X* corps (1)... »

Tout en rendant hommage au sens stratégique, à l'extrême énergie et à la hauteur d'âme peu commune dont Alvensleben fait preuve en cette journée, il faut observer qu'en l'absence de réserves, et sur ce terrain découvert, la rupture du

(1) Kriegsgeschichtliche Einzelschri/ten, Heft 18, 556.

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combat eût été des plus délicates. Après la prise de Vionville et de Fiavi{jny, et la lutte à courte distance engagée sur tout le front, Alvcnsleben n'avait plus en réalité qu'A persévérer dans la seule voie qui put conduire au salut, sinon au succès : se maintenir à tout prix sur le terrain conquis et, au moyen d'offensives répétées, conserver jusqu'au bout l'ascendant moral.

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