‹ 1870, la guerre en LorraineChapitre 34 sur 168 · LE 43* DE LIGNE · texte numérisé non relu

LE 43* DE LIGNE

.' Soudain, écrit un témoin, l'alarme est donnée au 43^ par deux ou trois soldats allemands, dans le rang même, qui ne peuvent s'empêcher, par

émotion, de tirer, l'arme à la hanche la

masse de la 38* brigade s'avance en lignes de colonnes de compagnie, la baïonnette croisée, sans faire feu, dans un ordre admirable, au point que l'on voit très bien les intervalles réguliers de six à huit pas entre les compagnies. Le 43^ saute sur les faisceaux. Il était temps! L'ennemi n'avait été aperçu qu'au moment où il descendait déjà dans le ravin... (1) . »

Huit de nos batteries sur douze, manquant de soutiens d'infanterie en avant d'elles, tirent à la hâte quelques obus, puis amènent les avanttrains et se retirentvers le nord (2). Les dix compagnies du 16'' traversent le ravin, gravissent la berge nord en refoulant une compagnie du 5*^ bataillon de chasseurs et constituent, à une centaine de métrés au delà, une chaîne extrêmement dense où, en maint endroit, les hommes sont sur six rangs de profondeur (3) . Les deux bataillons du 43', déployés sur une seule ligne, ouvrent aussitôt le feu à volonté, presque à bout portant (4) . « Alors a lieu un drame inouï : la masse

(1) Colonel DE CocRsox de la Villexeuvk, loc. cit., 67,

(2) Metz, U, 497-498.

(3) Kriegigeschichtliche EinzeUcliriften, Heft 25-45.

(4) M Cent cinquante, cent et même trente pas • (Historique du ifranil Etat-major vmssien, V, 591).

lOV llEZONVILLE

opposée s'effondre devant nous comme coupée par le ventre; on entend distinctement les cris des blessés, la voix des officiers, on voit leurs gestes de surprise; on aperçoit les chefs agitant le sabre pour entraîner leurs soldats, malgré la mort qui frappe à coups redoublés. Un officier, monté sur un cheval blanc, passe au galop, agitant son sabre, devant tout le front de la ligne allemande. Vains efforts! Le sol est couvert de cadavres et bientôt nous voyons remonter toute cette masse... en déroute complète et emportée comme dans un tourbillon (1). »

La division de Cissey vient d'entrer en ligne. Vers 4 heures, le lieutenant-colonel Saget, souschef d'état-major du 4*" corps, l'a rencontrée près d'Urcourt et lui a transmis Tordre de Ladmirault de hâter son mouvement. Elle commence à se rassembler dans le vallon au sud de Bruville, quand la vive fusillade du IS*" de ligne détermine Cissey à se porter en avant avec la brigade Golberg, sans attendre le ploiement complet de la brigade Brayer. Le 20'" bataillon de chasseurs prend la tête, suivi des 57' et 73*" de ligne accolés, celuici à droite. Masquée par le terrain, cette marche d'approche échappe complètement à l'ennemi (2) . Au moment où les chasseurs à pied franchissent la crête, ils aperçoivent les batteries du

(1) Colonel DK CouRSON de i,a Villeneuve, loc. cit., 67-68.

(2) Journal de marche de la division de Cissey; Metz, II, 502.

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