DEROUTE DE LA BRIGADE WEDELL
allemandes les plus avancées au nord de la grande route à une retraite qui n'est pas sans difficultés.
La brigade Wedell a subi des pertes considérables (1) ; elle laisse entre nos mains près de 400 prisonniers valides et le drapeau du H' bataillon du 16" dont s'est emparé le sous-lieutenant Chabal du 57' de ligne (2). Les deux régiments westphaliens ont donc payé très cher les erreurs du commandement : instructions insuffisantes de Voigts-Rhetz ; manque d'entente entre les généraux von Schwartzkoppen et von Kraatz ; attaque décousue et précipitée sans préparation suffisante, sans reconnaissance préalable, sans objectif précis, sans mission bien définie ; dispositif des troupes en ordre linéaire au lieu d'un échelonnement logique en profondeur (3).
Chez les fuyards, le sentiment est unanime ; « Que la cavalerie française arrive, et nous
(1) 16* : 49 officiers, 1736 hommes; 57' : 23 officiers, 808 hommes, {^Historique du grand Etat-major prussien, V, 173*; Kriegsgeschichtliche Einzelschriften , Heft 25, 52).
(2) Rapport du colonel du 57" de ligne, 25 octobre ; le général de Cissey au général de Ladmirault, 25 octobre; Relation du lieutenant Chabal, 24 août 1872.
(3) L'état-major prussien a cherché tous les moyens de justifier les procédés d'exécution : « L'attaque de la brigade Wedell n'a donc été ni mal conduite, ni une tentative follement audacieuse. Bien près de réussir, elle a infligé à l'adversaire des pertes à peu près égales à celles qu'elle a subies ; elle a surtout complètement paralysé la force offensive de cet adversaire » ( Kriegsgeschichtliche Einzelschriften, Heft 25, 85). — Les faits sont contraires à ces assertions.
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sommes tous perdus (1). •» La cavalerie française est malheureusement occupée ailleurs, dans un combat sans résultat, et ce sont les escadrons allemands qui se présentent pour sauver l'infanterie en déroute.
Vers 5 heures et demie, à la vue de la catastrophe subie par la 38' bri^jade, le général von Voifjts-Rhetz s'écrie : " Maintenant, il faut que la cavalerie attaque, coûte que coûte! (2) » et, sans désemparer, des officiers sont envoyés à toute allure aux généraux von Rheinbaben et Brandenburg. Le colonel von Auerswald, du 1" drageons de la Garde, laissant un escadron à la garde des étendards (3) , traverse avec les trois autres la route et les prairies à l'est de Mars-la-Tour. Deux escadrons prennent le galop pour remonter le vallon qui aboutit à la cote 257 ; le troisième suit en échelon derrière l'aile droite. Le choix de la direction est heureux : la charge menace le flanc droit des Français.
Nos soldats ont à peine le temps de se former en groupements confus. Ils reçoivent les escadrons de tête par un feu à volonté qui cause des pertes très sensibles : le colonel est mortellement
(1) Kriegsgeschichtliche Einzelschriften, Heft 25, 53. — Le lieutenant von Neumeister, de l'état-niajor du X* corps, ramasse un des drapeaux de la brigade Wedell, abandonna dans un fossé de la grande route (Hoenic, toc. cit., 84).
(2) Kriegsgeschichtliche Einzelschriften, Heft 25, 54.
(3) Par tirage au sort.