ÉCHECS RÉPÉTÉS DES PRUSSIENS
combattu avec une inébranlable ténacité, commencent à être à bout de forces et de munitions (1). Heureusement, deux bataillons frais interviennent : I" du 62' et 1" des zouaves de la Garde. Criblés de balles « de trois côtés « , les Prussiens se replient d'abord dans le ravin occidental de Gorze, où ils sont un peu à l'abri; puis, sous une nouvelle poussée des Français, « tout fuit sans arrêt (2) " . La poursuite n'est exécutée que par quelques fractions isolées et cesse un peu au nord du bois de Saint- Arnould où le ii^ se rallie. Grâce à l'énergie et aux habiles dispositions de Lapasset, les trois attaques successives et décousues des Prussiens ont été repoussées, et les positions françaises restent intactes sur cette partie du champ de bataille où le combat diminue peu à peu d'intensité.
Dans le bois des Ognons, un bataillon prussien, le IP du 72", a progressé péniblement au milieu d'épais taillis et finit par atteindre vers 7 heures la lisière occidentale. Plus à l'est, d'autres fractions du IX* corps apparaissent un peu avant la tombée de la nuit. Porteur des instructions de Frédéric-Charles (3), le capitaine von Lignitz les a communiquées à Corny au prince de Hesse, commandant la 25" division, et l'a décidé à
(1) Metz, II, 579.
(2) Kusz, loc. cit., 153-154.
(3) Voir suprà, II, p. 76.
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franchir la Moselle vers 4 heures (l). Mais le passag^e sur le pont suspendu de Gorny fait perdre un temps considérable. A 5 h. 15, le prince de Hesse a réuni sur la rive gauche les quatre bataillons de la brigade Wittich, trois escadrons de cavalerie et trois batteries. La colonne se met en marche sur Gorze : deux batteries vont renforcer celles de la division Stiilpnagel; l'infanterie et une batterie se dirigent de Sainte-Catherine vers le nord, à travers le bois des Chevaux. Vers 7 h. 15, le régiment de tête atteint le Puits du Geai où Wittich forme deux colonnes qui se portent, l'une sur Rezonville, l'autre vers le nordouest. Des fractions de la 2' brigade de la division Montaudon les accueillent brusquement par un feu rapide; une partie de la colonne de droite s'enfuit jusqu à la plaine de Geai. Le prince de Hesse juge à propos de ne pas renouveler la tentative, et bientôt le combat cesse complètement sur ce point (2) .
Les attaques qui se sont produites à l'aile droite allemande entre 5 heures et 7 heures du soir ont donc toutes échoué. Elles n'en ont pas moins été fort utiles à nos adversaires en retenant de ce côté l'attention de Bazaine et en achevant
(1) Le prince de Hesse avait reçu du général do Manstein l'ordre <!e s'avancer jusqu'à la Moselle seulement.
(2) Cardinal von WiDDKns, loc. cit., 171; Histoiiijiw du yiand Jùnt-viajor prussien, V, 608-609; Metz, II, 574.