‹ 1870, la guerre en LorraineChapitre 45 sur 168 · LES 25* ET 26* DE LIGNE · texte numérisé non relu

LES 25* ET 26* DE LIGNE

tle le persuader que le danger est à son aile gauche.

Depuis une heure de l'après-midi, la 6*" division, qui combat à l'est de Vionville et de Flavigny, n'a reçu aucun renfort, de sorte que peu à peu la lutte est devenue traînante aux abords de la grande route. De Flavigny au bois de Vionville se développe une longue ligne de cent huit bouches à feu allemandes : les vues et l'action des batteries de droite s'étendent jusqu'aux abords de Rezonville et sur la croupe occupée par la brigade Lapasset, par la V brigade de la division Montaudon et par les batteries à cheval de la Garde.

Vers 4 h. 45, à la suite de leur contre-attaque au sud-ouest de Rezonville, le général Picard a fait relever les deux premiers bataillons du 2' grenadiers par d'autres fractions de la Garde : HT du 2'' grenadiers et IIP du 3' voltigeurs (I). En même temps, le général Marguenat a conduit le 26" de ligne de Rezonville à la cote 311, à la droite de deux bataillons du 25'. Le régiment s'est porté en avant " sans sourciller, sous une pluie de projectiles, jusqu'aux positions . . . indiquées » , mais dans une formation dense (2), ce qui lui cause des

(1) Voir supra, II, p. 77.

(2) Les bataillons déployés marchent en colonne à distance de 40 pas.

U8 REZONVILLE

pertes considérables. Le général Marguenat est tué. Vers G heures, après une fusillade désordonnée, les 26' et 25" doivent rétrograder (l). Trois batteries de la Garde, assez éprouvées, se replient non sans peine : il est nécessaire de ramener plusieurs pièces à bras jusqu'à la grande route (2). Désormais, la ligne de combat française présente un vide de près d'un kilomètre depuis la cote 311, où se maintient encore un bataillon du 3* grenadiers, jusqu'aux positions de la brigade Lapasset (3). Cinq bataillons de la 1" brigade de la division Montaudon, rappelés de Gravelotte, se trouvent établis à ce moment à la cote 308 , au sud-est de Rezonville . Bazaine les emploie à fermer la trouée qui s'est produite : une fraction du 51' de ligne exécute vers 6 heures une contre-attaque énergique à l'ouest de la cote 311 et détermine une panique dans les rangs des 12' et 56% dont les compagnies dissociées refluent jusque derrière l'artillerie de Stiilpnagel. Les Français sont à leur tour ébranlés à plusieurs reprises par le feu violent de l'artillerie; mais, chaque fois, l'énergique attitude des officiers les maintient sur place. Ils conservent leurs positions jusqu'à l'issue de la lutte, malgré un retour offensif du 56'' (4).

(i) Rapport du colonel Hanrion, 18 août; Metz, II, 554.

(2) Rapport de l'artillerie de la division des grenadiers.

(3) Metz, II, 556.

(4) Les événements sont très difficiles à reconstituer pour cette phase de la bataille, en raison de l'incertitude et des con-

L'AUTILLEIUE DE LA GAKDE 159

Sur l'ordre de Bourbaki, le général Pé de Arros, commandant rartillerie de la Garde, constituée l'est de Rezonville une grande batterie de cinquante-quatre pièces qui ouvre « le feu à volonté contre les lignes d'infanterie ennemie (1) » . En même temps, le général Deligny porte en avant, vers la cote 311, cinq bataillons de voltigeurs qu'il vient d'amener de Gravelotte (2). Cette intervention se produit dans une direction où l'adversaire n'est nullement menaçant, aussi restet-elle à peu près sans effet (3).

Le grand état-major prussien a justement blâmé les attaques isolées, décousues et sans préparation de l'aile droite allemande. Elles ne répondaient " ni aux enseignements de la tactique, ni à la situation, ni à la pensée générale qui avait présidé aux mouvements d'armée des jours précédents (4) » . Elles étaient d'ailleurs contraires aux instructions de Frédéric-Charles (5). « Grâce

tradictions des documents. — Cf. Metz, II, 556 et suiv. ; Ku>"Z, loc. cit., 118; Rapport du général Montaudon, 17 août, (i) Rapport du général Pé de Arros, 18 août.

(2) Rapport du général Deligny, 17 août.

(3) Sauf le III' bataillon du 1" voltigeurs, qui appuie la brigade Lapasset (Metz, II, 566).

(4) Kriegsgeschichtliche Einzelschriften, Heft 18, 590.

(5) Ihid., 593.

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