‹ 1870, la guerre en LorraineChapitre 47 sur 168 · DERNIÈRE TENTATIVE DES ALLEMANDS · texte numérisé non relu

DERNIÈRE TENTATIVE DES ALLEMANDS

font un bond de quelques centaines de pas ; deux autres, établies entre Flavigny et la grande route, tentent de les imiter; il en est de même, à l'extrême droite, pour les deux batteries hessoises. Des fractions du 35' et du 20*" esquissent, au nord de la route, un mouvement offensif bientôt arrêté par les zouaves de la Garde, les grenadiers du 1" régiment et quelques compagnies des 70^ et 93' de ligne. Les batteries sont accueillies par les obus de l'artillerie du général Pé deArros, et contraintes de rétrograder : quelques-unes d'entre elles sont même forcées, pour se dégager, de tirer à mitraille contre l'infanterie qui se glisse vers elles dans l'obscurité (1).

Vers 8 heures du soir, les deux brigades de la 6' division de cavalerie s'ébranlent dans la direction de Rezonville. La brigade Griiter part des environs sud-ouest de Flavigny, mais elle est reçue par une vive fusillade de notre infanterie, et fait demi-tour en désordre. Son chef est mortellement blessé. La brigade Schmidt passe au nord de Flavigny, franchit la grande route et prend le galop. Elle dépasse les tirailleurs français et se trouve entourée de toutes parts par des fractions compactes des 91', 93% 94% qui, d'abord surprises et prises de panique, la criblent de balles. Le colonel von Schmidt tente, avec une

(1) Historique du grand État-major prussien, V, 610-611; Metz, II, 580.

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cinquantaine de hussards, de sabrer un gros d'infanterie à l'extrême droite, mais il échoue « tant par suite de l'obscurité devenue complète qu'en raison de répuiseinent des chevaux, sellés depuis 2 heures et demie du matin, sans que, depuis lors, il eût été possible de les faire boire ou manger (1) ». Le X' corps se borne, à peu près, à maintenir ses positions (2) .

La bataille est terminée, mais quelques coups de fusil sont encore échangés jusqu'à 10 heures du soir. Vers 8 h. 30, Alvensleben se présente à Frédéric-Charles qui le félicite et lui exprime ses inquiétudes au sujet d'une bataille pour le lendemain. Alvensleben est persuadé qu'après l'expérience et les pertes subies le 16 août, les Français entreprendront difficilement une nouvelle attaque le lendemain. Il ajoute que toutes les mesures sont prises pour refaire les troupes et, en particulier, poiir les ravitailler en munitions. Rassuré par ces déclarations très optimistes, Frédéric-Charles prescrit aux troupes de bivouaquer sur leurs positions. La 5" division s'établit entre Flavigny et le bois de Vionville ; à sa gauche se placent la 6' division de cavalerie et l'artillerie de corps du 111" corps; la 6" division est à Vionville;

(1) Ilistorûjuc du qrand Ktat-major prussien, V, 611-612; Rapport» du lieutenant-colonel Champion, du 91*, 18 août; du colonel Ganzin, du 93*; Metz, II, 582.

(2) Suivant Cardinal von Widdern, Voigts-Rhetz se «erait refusé à exécuter cette attaque.

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