‹ 1870, la guerre en LorraineChapitre 50 sur 168 · LE COMMANDEMENT FRANÇAIS · texte numérisé non relu

LE COMMANDEMENT FRANÇAIS

vent pas un ordre du commandant en chef (1). L'empereur a peut-être prescrit à Bazaine de ne rien risquer; mais il est certain qu'il se présente à la guerre des situations dans lesquelles l'extrême sagesse consiste précisément à oser le plus possible.

Les commandants de corps d'armée français ont, pour la plupart, joué un rôle assez effacé, soit faute d'instructions claires de la part de Bazaine, soit inaptitude personnelle. Presque partout, ils bornent leur ambition à conserver leurs positions et parfois, comme Ladmirault, ils font rétrograder leurs troupes qu'ils jugent trop audacieuses. Les officiers de l'armée du Rhin, qui « ignoraient de la tactique appliquée au terrain jusqu'au terme lui-même >' , ont donné le plus brillant exemple de bravoure et, quant aux soldats, ils 11 peuvent être comparés aux vainqueurs d'Austerlitz et d'Iéna (2) » . Malheureusement leur courage né pouvait suppléer à des causes d'insuccès qui se révèlent dans toutes les batailles de cette campagne. A Rezon ville, comme à Frœschwiller, comme à Forbach, ce ne furent pas seulement en effet deux armées, mais deux systèmes complètement différents qui furent en

[i) Néanmoins, dans son premier télégramme à l'empereur, daté de Gravelotte, 16 août, 11 heures soir, Bazaine déclare que ces deux généraux ont opéré par ses ordres « un mouvement tournant sur la gauche de l'ennemi » .

(2) Général Bo>>al, loc. cit., II, 484, 485.

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présence : « l'un... se manifesta par une activité absolument pleine de vie et d'intelii/jence, spontanée et fructueuse; l'autre par une routine opiniâtre et une inaction funeste (1) » .

(i) Général dk Woydk, toc. cit., I, 407.

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