‹ 1870, la guerre en LorraineChapitre 51 sur 168 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

RETOUR DE l'aRMÉE SOUS METZ

Situation dans la soirée du 16. — Les deux seuls partis admissibles. — Bazaine semble d'abord décidé à ne pas rétrograder sur MeU. — Revirement complet. — Arguments invoqués par le maréchal. — Motifs produits en 1873. — Autres mobiles possibles. — Instructions pour le 17. — Exécution de la marche. — La division Metman à l'arrière-garde. — Le quartier général de Bazaine à Plappeville. — Correspondance avec l'empereur. — Mission du commandant Magnan et de l'intendant de Préval.

Dans la soirée du 16 août, Tarmée française ne pouvait choisir qu'entre deux partis pour les opérations du lendemain : « ou attaquer l'ennemi et le rejeter du côté de la Moselle, ou se dérober par une marche rapide vers Briey dans la direction du nord (1) » . Toute hésitation était inopportune, tout retard devait être funeste, en permettant à l'adversaire de s'établir sur la lig^ne de retraite de l'armée. L'heure était décisive pour la tournure des opérations et l'issue de la campagne.

(1) Procès Bazaine, Rapport, 16.

14Î REZONVILLE

De ces combinaisons, la première ne se présenta jamais à l'esprit de Bazaine (1); il n'en est fait mention ni dans son mémoire justificatif, ni dans le rapport que, le soir même du 16, il expédia à l'empereur. On ne trouve également dans ces documents aucune trace du projet de marche sur Briey. Selon le général Jarras, dont les souvenirs à cet égard sont très précis, très peu d'opinions se manifestèrent « parmi les hommes compétents » en faveur de la continuation de la marche directe sur Verdun, qui exigeait évidemment de nouveaux combats dès le lendemain. Le sentiment de beaucoup le plus répandu était qu'autant que possible, il convenait d'éviter une seconde grande bataille, et que, par suite, il y avait lieu de diriger l'armée vers le nord-ouest sur Briey et Longuyon, afin de gagner de l'avance sur l'armée allemande (2) . Personne ne préconisait le retour vers Metz.

Au début, Bazaine semble avoir partagé le sentiment général. Resté auprès de Rezon ville jusqu'à la nuit noire, il a prescrit à Ganrobert et à Bour-

(1) Procès Bazaine, Interrogatoire du maréchal Bazaine, 164.

(2) Général Jarhas, loc. cit., 114. — Jarras ajoute : « Il est vrai que tous ceux qui ont exprimé cette opinion ne l'ont pas maintenue plus lard; mais j'ai pu constater dans diverses circonstances que les donneurs d'avis ou de conseils, quand les événements deviennent contraires à leurs prévisions, blâment des décisions ou des mesures qui n'ont été prises qu'à leur instigation, oubliant de bonne foi, je veux bien le croire, ce qu'ils avaient préconisé naguère. "

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