CONCENTRATION DES ALLEMANDS
Idée que Frédéric-Charles se fait de la situation dans l'aprèsmidi du 16. — Moltke à Pont-à-Mousson. — Ses instructions à la II* armée. — Ordres pour la concentration donnés par Frédéric-Charles. — Mouvement du XII' corps et de la Garde. — Le haut commandement allemand à Fla\-igny, le 17 au matin. — Renseignements contradictoires.
Tandis que sur le plateau de Rezonville se livre une lutte acharnée, le roi Guillaume et Moltke se rendent en voiture de Herny à Pont-à-Mousson. La première nouvelle de la bataille leur est parvenue à Herny, le IG à midi (1). Un peu plus tard, survient le télégramme expédié de Pont-à- Mousson à 11 h. 45 par le prince Frédéric- Charles. A son arrivée à Pont-à-Mousson vers 5 heures, Moltke trouve une lettre du général von Stiehle, chef d'état-major de la II* armée, exposant les vues de Frédéric-Charles au moment où le prince s'est dirigé vers le champ de bataille :
(1) Rapport du lieutenant-colonel von Rronsart expédié de Buxières à 9 h. 30 du matin {^Historique du grand Etat-major prussien, V, 624).
Ififi REZONVILI.E
« ... Le compte-rendu du III* corps, daté de Vionvilie, 10 heures du matin, permet de conclure qu'une forle fraction ennemie a été coupée et se retire sur Tliionville. Le UT corps est avisé de poursuivre directement l'adversaire en avançant l'aile {jauche, afin de le refouler dans Tliionville ou vers la frontière belge. Comme cette éventualité était à prévoir, l'ordre d'armée d'aujourd'hui donne à l'aile droite de la IT armée (X', Iir et IX* corps) une certaine indépendance... Je crois qu'il y a lieu de laisser les quatre autres corps de la H' armée continuer tranquillement vers la Meuse entre Bannoncourt et Commercy (1)... »
Moltke ne partaf^e pas l'opinion de Frédéric- Charles : il soupçonne que les forces auxquelles s'est heurté le UT corps peuvent être une arrièregarde, mais une arrière-garde couvrant à faible distance l'armée ennemie tout entière. Dans ce» conditions, il est de toute nécessité de renforcer au plus tôt les trois corps d'aile droite. A 8 heures du soir, Moltke répond à Stiehie : « Rejeter vers le nord les forces principales de l'ennemi qui abandonnent Metz, est chose décisive pour le résultat de la campagne. Plus le HT corps a d'adversaires devant lui, plus grand sera le succès demain quand on pourra disposer des X*, III*,
(1) Correspondance militaire du maréchal de Moltke, n*293.