LA DIVISION BATAILLE
ries de la division Tixier prolong^ent la ligne vers le [nord jusqu'à la voie romaine (1). Ces neuf batteries font converger leur feu sur l'artillerie prussienne de la cote 297, dont la situation va devenir critique quand l'infanterie française débouchera de Vion ville.
Surprises en pleine quiétude, les troupes du 2* corps ont eu un instant de trouble, puis se sont ressaisies très vite et se sont rassemblées dans le plus grand ordre. Mais aucun plan d'ensemble ne préside à leur déploiement : instinctivement, elles font face aux deux attaques qui se dessinent à l'ouest et au sud-ouest (2). Le 12^ bataillon de chasseurs occupe Vionville sans coup férir. Ses tirailleurs criblent de balles les batteries prussiennes et forcent deux d'entre elles à se replier vers Tronville. Le reste de la brigade Mangin se déploie entre ce village et Flavigny : 23* de ligne à droite, 8* à gauche, tenant Flavigny avec un bataillon. Le général Bataille dirige sa 2* brigade sur la croupe au sud-est de Flavigny : le 66* s'y établit, le 67* reste en réserve (3) .
(1) Rapports du général Gagneur; du lieutenant-colonel Jamet; du lieutenant-colonel de Montluisant; Metz, II, 161.
(2) Rapport du général Frossard, Ban Saint-Martin, 20 août.
(3) Rapport du général Fauvart-Bastoul, commandant provisoirement la 2' division du 2* corps, 21 août; Rapport du général Mangin, 21 août; Historique manuscrit du 8* de ligne; Rapport du colonel Ameller, 18 août; Historique du grand État-major prussien, V, 527; Metz, II, 172-174.
18 nEZONVÎLLE
A la division La Font de Villiers, trois régfiments, les 75*, 91', 94% se placent en première ligne sur le plateau au nord-ouest de Rezonville, occupant tout l'espace entre la grande route et la voie romaine; le 93" demeure à son bivouac, derrière l'aile droite. L'unique régiment de la division Bisson, le 9* de ligne, avec les deux batteries de 12, se maintient également sur l'emplacement de son camp au nord de Rezonville (l). Telle est la situation à 9 h. 45.
La canonnade des deux divisions de cavalerie prussiennes n'a guère eu jusqu'alors d'autre résultat que de faire subir un échec à leurs batteries et de donner l'alarme aux Français. Rheinbaben et le duc de Mecklembourg, son collègue, ont laissé passer une occasion des plus favorables en n'utilisant leurs escadrons que comme escorte de l'artillerie, au lieu de les lancer à la charge sur des bivouacs surpris et sans protection. L'infanterie française, à peine impressionnée, a eu le temps de se déployer bien avant l'arrivée des colonnes du III* corps prussien, qui éprouvera de grosses difficultés pour déboucher sur le plateau en présence d'un adversaire prévenu. Alvensleben a vivement regretté cette démonstration intempestive : « J'appris la reconnaissance offensive de la 5* division par le feu de ses pièces. Ce
(1) Rapport du général La Font de Viilicrs, 20 août; Historique manuscrit du 9* de ligne.