‹ 1870, la guerre en LorraineChapitre 61 sur 168 · RECONNAISSANCE DE STEINMETZ · texte numérisé non relu

RECONNAISSANCE DE STEINMETZ

Cependant, vers midi, Steinmetz reçoit du <»rand quartier général l'ordre de rompre le combat, a le roi se réservant de n'agir que le lendemain avec toutes ses forces réunies (1) » . De même, Gœben a été invité à suspendre le mouvement du VIII* corps sur Kezonville. Vers 5 heures du soir, le I" corps exécute contre le fort de Queuleu la démonstration prescrite : tout se borne, de part et d'autre, à une canonnade à peu près inoffensive, qui ne fait illusion à personne et ne modifie aucune des dispositions prises par Bazaine (2; . Vers G h. 30, le I" corps regagne ses bivouacs de Laquenexy et de Gourcelles-sur- :Sied.

Steinmetz, Zastrow, Kameke et leurs étatsmajors se sont portés au sud de Gravelotte et, par-dessus le bois de Vaux, ils aperçoivent des bivouacs très étendus sur les plateaux à l'est. Des mitrailleuses, en position au Point-du-Jour, envoient une grèle de projectiles sur ce groupe compact d'officiers. Les trois généraux prussiens acquièrent la certitude de la présence d'une fraction fort importante de l'armée française sur ces hauteurs. Pour la nuit, Steinmetz établit son quartier général à Ars; le VIT corps bivouaque

(1) Historique du grand Etat-major prussien, V, 635.

(2) Le coniiuandant du fort Saint-Quentin au gouverneur de Metz, 17 août, 6 h. 40 soir; le commandant du fort de Queuleu au gouverneur de Metz, 17 août, 7 h. 5 soir; Metz, III, 88.

17t) UEZU.NVILLK

à l'ouest (le la localité, tenant par ses avantpostes le villa^je et le bois de Vaux; le VIII' corps stationne à Gorze; la i™ division de cavalerie est à Corny, la 3' à Coin-les-Guvry. La brigade Gneiscnau, de retour des environs de Thionville, arrive dans la journée à Arry (1).

Le roi Guillaume, le prince Frédéric-Charles, Moltke et les ofHciers de leur suite sont demeurés toute la matinée à leur observatoire de Flavigny, sans que les rapports de la cavalerie leur aient permis de se rendre nettement compte des intentions de l'adversaire. Un seul point est acquis : loin de prendre l'offensive, comme on le craifjnait, les Français ont évacué leurs positions, mais l'incertitude subsiste sur la direction de leurs mouvements rétro{jrades. Frédéric-Charles est persuadé que la majeure partie de l'armée ennemie a repris sa marche vers la Meuse (2) . On ne songe pas — ou l'on renonce — à envoyer un officier d'état-major de ciioix vers le nord-ouest, avec mission d explorer le cours de l'Orne entre Conflans et Auboué, moyen à peu près certain de discerner si les Français marchent sur Verdun ou s'ils ont pris position sur les hauteurs qui

(1) Historique du grand Ktat-mnjor prussien, VI, 636-637.

(2) Von ukr Goltz, toc cit, 114.

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