‹ 1870, la guerre en LorraineChapitre 68 sur 168 · FAIBLESSE DE LAILE DROITE · texte numérisé non relu

FAIBLESSE DE LAILE DROITE

portants où les avant-postes de la défense eussent pu opposer une lonjjue résistance. Au nord de La Folie, les pentes descendent insensiblement -vers le sud-ouest; seuls les bois de la Cusse, au sud-est d riabonville, en rompent la monotonie. Au nord d'Amanvillers, jusqu'à Roncourt, le terrain des attaques est plus découvert encore; il affecte parfois la forme d'un véritable glacis et permet ainsi au fusil de produire tous ses effets. Dans ce secteur, de nombreux points d'appui, tels que Vernéville, Habonville, Saint-Ail, Sainte- Marie-aux-Chénes et les bois d'Auboué auraient pu constituer autant de postes avancés d'une défense facile (l).

Très forte en elle-même et s'appuyant à la Moselle, l'aile g^auche était encore protégée par les canons du fort Saint-Quentin. En cas de retraite, il est vrai, le défaut de communications à travers le vallon de Chàtel constituait un sérieux inconvénient. La sécurité était bien moindre à l'aile droite où, à défaut d'obstacle naturel, aucun ouvrage ne couvrait 1 intervalle entre Roncourt et les massifs peu éloignés de l'impraticable forêt de Jaumont. Un commandant en chef vigilant et compétent eut compensé ces désavantages en accumulant sur ce point les hommes et les canons. Or le C corps est dépourvu de réserve

{l)Metz, m, 66.

19S SAINTPIIIVAT

d'artillerie, et les seules unités restant disponibles — Garde, réserve générale d'artillerie, deux divisions de cavalerie — sont placées en arrière de l'aile gauche, à huit kilomètres à vol d'oiseau de Saint-Privat.

Une autre raison militait encore en faveur d'un groupement de forces importantes à l'aile droite. Vers Gravelotte, il est impossible aux deux adversaires de prendre une offensive sérieuse : depuis Vernéville jusqu'à Ars, il n'y a qu'une route orientée de l'est à l'ouest, et le ravin de la Mance est infranchissable à toute arme autre que l'infanterie. Tout le terrain compris entre le bois des Génivaux et le bois de Vaux, en face de notre aile gauche, est donc inutilisable pour l'offensive. C'est le champ défensif de la position ; il suffirait d'y contenir l'ennemi avec un minimum de forces. La trouée de Vernéville n'a que deux kilomètres du sud au nord; elle se prête à une contre-attaque ou à un retour offensif, mais non à une offensive décisive dont l'exécution exige d'ailleurs la possession des bois de la Cusse et des Génivaux sur les deux flancs. Le véritable champ offensif est constitué par le large espace compris entre les bois de la Cusse et l'Orne, où le terrain est découvert et propice à l'action combinée des trois armes (I). Même si l'idée de

(1) Colonel M\n.i.Aiu«, Cours de Tacticfite (générale et d'infanterie (École supérieure de guerre).

Page 1