‹ 1870, la guerre en LorraineChapitre 69 sur 168 · ABSENCE D'IDEE DE MANOEUVRE · texte numérisé non relu

ABSENCE D'IDEE DE MANOEUVRE

l'offensive n'existait pas dans l'esprit de Bazaine, du moins la protection du flanc droit devait-elle l'engager à économiser des forces à l'aile gauche pour augmenter la densité de la ligne de bataille vers Saint-Privat et Roncourt. Enfin, dernière raison pour garnir solidement l'aile droite, ces deux localités constituaient les débouchés indispensables pour la reprise éventuelle de la marche sur Verdun.

Dans les divers corps d'armée, on ne semble pas avoir songé à une opération quelconque. Les divisions sont généralement installées côte à côte sur la crête même où, le cas échéant, elles seront appelées à combattre. Elles sont, il est vrai, formées sur deux lignes, mais peu distantes l'une de l'autre, ce qui interdit toute manœuvre aux échelons et amènera leur engagement prématuré sur tout le front. En maints endroits, les troupes ne se sont pas donné la peine de dissimuler leurs tentes aux vues de l'ennemi. Aucun service de sécurité ne protège d'ailleurs les bivouacs contre les entreprises du canon.

Aux premières heures du jour, la fusillade reprend assez vive à l'aile gauche du 2^ corps dont les grand'gardes sont en présence des avantpostes allemands installés à la lisière orientale du II. 13

lyv SAINT-PIUVAT

bois de Vaux. Sur le plateau à l'ouest, entre Gravelotte et le bois des Ognons, on distingfue des colonnes en marche et des batteries prenant une formation de rassemblement (1). Prévoyant une attaque, le général Vergé établit son artillerie de part et d'autre du Point-du-Jour; un bataillon du 32' garnit la tranchée au nord-ouest ; le général Fauvart-Bastoul assigne à ses batteries une position au sud de la cote 342; les deux batteries de 12 de la réserve y sont appelées un peu plus tard. Vers 10 heures, le général Vergé, jugeant de plus en plus la bataille imminente, déploie au sud du Point-du-Jour deux bataillons du 55", puis, à leur gauche, trois bataillons de la 2" brigade. Un peu avant le premier coup de canon, le général Frossard, qui a passé toute la matinée à Ghâtel-Saint-Germain, apparaît enfin sur le plateau (2). Quant aux trois divisions de cavalerie, réunies dans le ravin de Ghàtel, derrière le 2* corps, elles restent à peu près inactives (3).

Au 3* corps, la division de cavalerie Glérembault a envoyé de très bonne heure tous ses pelotons d'éclaireurs en reconnaissance et est avisée ainsi de certains mouvements de colonnes prussiennes à l'ouest du bois des Génivaux. Vers

(1) C'était la 14* division prussienne.

(2) Rapport du général Vergé, 21 août; Historiques manuscrits des 55', 76* et 77' de ligne ; Rapports du commandant Collangettes, 21 août; du général Frossard, 20 août; Metz, III, 152.

(3) Metz, III, 153.

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