RENSEIGNEMENTS SUR L'ENNEMI
8 heures, on aperçoit du plateau de TArbre-mort «des troupes ennemies marchant en bataille dans les plaines... situées en arrière de Gravelotte, et se dirigeant, de gauche à droite, vers un point qui paraissait... être à hauteur de Doncourt (1)..- » Le maréchal Le Bœuf avertit aussitôt le commandant en chef et lui demande des ordres. Pour toute réponse, Bazaine lui fait dire « de tenir bon dans la forte position qui lui a été assignée (2) » . Le Bœuf fait compléter l'organisation défensive ébauchée la veille et placer les réserves en arrière de la crête (3). Sur ces entrefaites, les reconnaissances de la division Glérembault envoient des renseignements plus explicites ; les patrouilles de la division Montaudon signalent « des colonnes nombreuses » en marche vers Yernéville et sur la route de Gravelotte à la Malmaison, Le Bœuf transmet à Bazaine un nouvel avis : o Des forces ennemies considérables (infanterie et cavalerie) s'avancent vers Gravelotte sur un front assez étendu et parallèle au front de bandière des 2^ et 3' corps. Il me semble qu'une affaire se prépare pour aujourd'hui (4) . » En même temps, Le Bœuf fait renforcer les grand'gardes du bois des Géni-
(1) Note non signée trouvée dans les archives du 3* corps. — Elle est confirmée par une note du maréchal Le Bœuf.
(2) Conseil d'enquête sur les capitulations, Déposition du maréchal Le Bœuf.
(3) Rapport du maréchal Le Bœuf, 20 août.
(4) Metz, III, 156. — Cet avis fut expédié vers 8 h. 30.
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vaux; c'est ainsi que ce point vient à être occupé par sept bataillons de trois divisions différentes (i).
Au 4" corps règne la quiétude la plus complète, bien que Montaudon ait communiqué par trois fois à Grenier les nouvelles alarmantes reçues par Le Bœuf. Ladmirault est prévenu « que des colonnes prussiennes apparaissent du côté de Vernéville (2) • ; la çrand'garde du 64* de ligne signale également leur présence (3). Entre 10 et 11 heures, il reçoit de Bazaine un message relatant les graves informations parvenues à Le Bœuf et lui recommandant de faire surveiller les routes qui débouchent sur ses derrières par Norroy-le- Veneur (4). Malgré tout, Ladmirault laisse les troupes vaquer à leurs occupations. Il se borne à prévenir les divisionnaires de la probabilité d'une attaque et se contente de glisser dans une note concernant l'administration la vague prescription d'exécuter des travaux de défense et de reconnaître les communications à travers bois, en arrière des
(1) Voir suprà, p. 188.
(2) Notice sur la bataille du 18 août, du général Osmont, chef d'état-major du 4" corps, 3 septembre. — Dans son rapport, le général de Ladmirault ne mentionne pas ces avertissements répétés.
(3) <• On fait immédiatement prévenir les généraux ; il est répondu : « Vous voyez des Prussiens partout; il n'est pas «possible qu'ils soient si près... » (Historique manuscrit du 64*.)
(4) Metz, III, 167.