‹ 1870, la guerre en LorraineChapitre 71 sur 168 · RENSEIGNEMENTS SUR L'ENNEMI · texte numérisé non relu

RENSEIGNEMENTS SUR L'ENNEMI

camps (1). Aussi le résultat ne va-t-il pas se faire attendre, et il ne sera pas à son honneur. Les troupes du 4* corps seront tactiquement surprises dans leurs bivouacs, sur des positions mal reconnues, nullement organisées, bien que Ladmirault ait été presque aussi bien renseigné que Le Bœuf.

Au 6^ corps, Ganrobert a chargé du Barail, dès 5 heures du matin, de pousser des reconnaissances vers le sud-ouest et vers le nord. Quelques-unes rentrent vers 9 heures sans avoir rien découvert. Trois escadrons, envoyés à leur tour sur Auboué, signalent vers 10 heures que des troupes ennemies sont parvenues à Valleroy, et que d'autres sont en marche le long de l'Orne. Un peu plus tard, ces nouvelles se confirment; Moineville est occupé, des éclaireurs se montrent devant Sainte- Marie; « des masses prussiennes avec de Tartillerie '> s'avancent dans la direction de Batilly. L'aumônier de la division du Barail, qui a passé la journée et la nuit précédentes à Gorze, auprès des blessés, revient au camp en annonçant que toute l'armée ennemie est en mouvement et qu'une attaque est « imminente (2)» . Néanmoins

(1) Le général de Ladtuirault aux généraux de division et chefs de service, 18 août.

(2) Historique manuscrit du 2' chasseurs; général dc Babail, toc. cit., III, 194. — Bazaine a envoyé à Ganrobert communication des renseignements recueillis par Le Bœuf ; ils ne parviennent à destination qu'à 1 h. 15 {Metz, III, 174),

les troupes du 6' corps seront, comme celles du 4% surprises par l'attaque. L'org^anisation défensive de la position est à peine ébauchée. Le service des avant-postes est des plus sommaires et très rapproché des bivouacs, qui d'ailleurs s'étalent complaisamment aux vues des reconnaissances ennemies.

Bazaine n'a pas quitté son quartier général de Plappeville ; comme la veille, il s'abstient de parcourir le terrain et de donner des instructions en vue des éventualités qui se préparent. Dans la soirée du 17, il sait de façon certaine que des colonnes prussiennes viennent de franchir sans interruption les ponts de la Moselle en amont de Metz, se dirigeant vers les plateaux de la rive gauche (1). Suivant certaines informations, la IV armée tout entière aurait passé la rivière aux environs d'Ars. D'après des renseignements d'ailleurs erronés fournis par le ministre de la Guerre, « un corps d'armée considérable » aurait été vu aux environs d'Apremont dans la journée du 18. Saint-Mihiel serait occupé par 5 000 cavaliers avec un régiment d'infanterie et un régiment

(1) Renseignements fournis par le poste d'obsei^-ation de la cathédrale et par les commandants des forts de Queuleu et de Saint-(Juentin.

Page 1