INSTRUCTIONS DE MOLTKE
semble au sud de Gravelotte. Ses avant-postes, j)Iacés à la lisière nord-est du bois de Vaux, signalent dans les camps français d'importants mouvements, indices, semble-t-il, d'une retraite partielle. Ces renseignements, transmis au grand quartier général, concordent avec d'autres aussi erronés et déterminent chez Moltke un brusque revirement : vers 9 heures et demie, il admet que les Français sont en retraite vers le nord, .. peut-être sur Briey (1) » , et il accepte les mesures de temporisation prises par Frédéric- Charles. Telles sont les conséquences de l'inaction presque absolue de la cavalerie.
Peu à peu, néanmoins, la situation se dessine plus nettement : les Français tiennent, avec des forces importantes, le bois des Génivaux et semblent résolus à accepter la lutte. Moltke revient alors à sa première conception, tout en envisageant encore la possibilité d'une retraite sur Briey, et en ignorant d'ailleurs que la droite de l'armée adverse dépasse Amanvillers. A 10 h. 30, il envoie les instructions suivantes à Frédéric-Charles :
« D'après les renseignements reçus, on peut admettre que l'ennemi veut se maintenir entre le Point-du-Jour et Montignv-la-Grange. Quatre bataillons ennemis se sont avancés dans le bois des Génivaux. Sa Majesté estime qu'il v a lieu de
(l) Historique du grand État-major prussien, VI, 662. II. 14
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mettre le XII" corps et la Garde en marche dans la direction de Batilly, afin, soit d'atteindre l'ennemi près de Sainte-Marie-aux-Chénes dans le cas où il se retirerait vers Briey, soit de l'attaquera Amanvillers s'il restait sur les hauteurs. L'attaque devrait être menée simultanément par la l"" armée venant du bois de Vaux et de Gravelotte, par le IX' corps contre le bois des Génivaux et Vernéville, par la gauche de la IT armée venant du nord (I). »
Tels sont les ordres qui vont régler la bataille. Ils sont communiqués î\ Steinmetz avec la recommandation de ne pas attaquer avant que la II' armée ait gagné du terrain à sa gauche et soit prête à s'engager elle aussi. De ce fait, pour obtenir une action « simultanée » , la I"" armée devrait rester inactive pendant au moins trois heures, car si le IX* corps se trouve à pied d'œuvre à la ferme Gaulre, la Garde n'est encore qu'à Bruville et les Saxons à Jarny,
Peu à peu, sur de nouvelles informations, Frédéric-Charles revient de son impression première : le Polnt-du-Jour est fortement tenu; Valleroy, où l'on avait signalé d'abord des fractions françaises, est décidément inoccupé; les patrouilles de cavalerie, poussées par le IX* corps vers le nord et le nord-est, n'ont rien trouvé. Le prince en conclut que l'armée française est
(1) Correspondance militaire du maréchal de Moitié, n° 178.