‹ 1870, la guerre en LorraineChapitre 77 sur 168 · LE IX' CORPS MARCHE SDR LA FOLIE · texte numérisé non relu

LE IX' CORPS MARCHE SDR LA FOLIE

scindée en deux fractions : l'une restée sous Metz, dont l'aile droite ne dépasse pas La Folie; l autre déjà éloignée vers l'ouest et en marche sur Verdun (I). A 10 heures environ, Frédéric- Charles juge la situation assez éclaircie pour pouvoir se conformer aux directives de Moltke expédiées à 8 heures du matin. Il donne donc Tordre au IX* corps de se porter sur Vernéville et La Folie. Si l'ennemi y a sa droite, on engagera l'action en déployant d'abord une nombreuse artillerie. La Garde continuera sa marche sur Doncourt et Vernéville, où elle se formera en soutien du IX" corps et en s'éclairant à gauche vers Amanvillers et Saint-Privat. Le XIF corps restera à Jarny en prévision de détachements à envoyer éventuellement vers le nord ou le nord-ouest (2) . On peut être légitimement surpris de voir Frédéric-Charles laisser au commandant du IX" corps la grave responsabilité de déterminer si le moment est venu d'entamer l'action. En quoi Manstein était-il particulièrement qualifié pour apprécier jusqu'où s'étendait la droite des Français, et la place du commandant de l'armée n'était-elle pas, momentanément du moins, non pas à Vionville, mais avec cette sorte d'avant-garde?

(1) Vos DER GoLTZ, toc. Cit., 129, — VoD der Goitz est, sur ce point, en contradiction avec l'ouvrage du grantl État-major dont la version est moins digne de foi.

(2) V0> DER GOLTZ, loc. Cit., 130-131.

ils SAINT-PUIVAT

Les instructions de Mollke pour l'en^ja^jeinent {jénéral parviennent à Frédéric- Charles vers 1 1 heures. De nouveaux renseignements montrent avec cerliUide au prince que la masse principale des forces françaises est encore à l'est de Metz, mais ils ne déterminent aucune modification à ses dispositions. Vers II li. 15, arrivi une nouvelle de la plus haute importance : un camp français est en vue à Saint-Privat; des colonnes suivent la grande route de Briey. Cette information et surtout la réception des instructions de Moltke décident Frédéric-Charles à surseoir à l'attaque du IX' corps. Entre 11 h. 30 et midi, il dirige la Garde par Vernéville sur Amanvillers, tandis que les Saxons marcheront sur Sainte-Mari e-aux-Chênes. En deuxième ligne, le X* corps se portera sur Saint-Ail, le IIP sur Vernéville. Le IT corps, venant de Pont-à- Mousson, gagnera Buxières et Rezonville, où il s'établira en réserve de l'aile droite (1). Ainsi, au moment où Frédéric-Charles ébranle toute son armée pour l'attaque, il assigne nettement Amanvillers comme direction à son aile enveloppante qui, dans son esprit, sera constituée par la Garde. En fait, sans l'initiative des subordonnés, celle-ci se serait heurtée au centre du front ennemi, et le corps saxon lui aurait servi de soutien et de garde-

(1) Von deh Goltz, loc. cit., 135-136; Historique du grand État-major prussien, VI, 665-666.

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