LE V CORPS SURPRIS
18' division s'établissent plus en avant, sur la longue croupe cotée 326 descendant d'Amanvillers sur Vernéville. Un peu plus tard, Tartillerie de corps prolonge la ligne vers le nord. A midi et demi, ces neuf batteries, placées très en avant de leur infanterie, sont engagées dans une lutte violente. Leurs flancs sont à peine couverts par deux compagnies détachées à la ferme de 1 Envie et par deux autres envoyées au bois de la Cusse (1). En arrivant sur la croupe à l'est du château de Vernéville, l'avant-garde du IX*" corps est accueillie par une fusillade assez vive partant du bois des Génivaux. Mais les quatre compagnies du 69% qui lui sont opposées, se replient presque aussitôt sur Leipzig. Les Prussiens pénètrent dans le bois, tandis que deux compagnies se jettent dans la ferme de Ghantrenne inoccupée.
Les premiers coups de canon ont donné l'alarme à tout le 4" corps. L'infanterie de la division Grenier prend ses positions de combat, formant une longue ligne de douze bataillons déployés côte à côte, de façon à battre les pentes descendant vers Vernéville. La brigade Bellecourt (13^ et 43^) a sa droite à hauteur de
manuscrit du 5' bataillon de chasseurs; Met:., III, 192. — Le résultat du tir fut à peu près nul : la distance avait été appréciée de 600 à 700 mètres trop courte {Der i8. August 1870, 131, note 1).
(1) Historique du grand Etat-major prussien, VI, 674-678.
la sortie ouest d'Amanvillcrs, sa gauche à 500 mètres au nord-ouest de Montigny-la- Grange ; la brigade Pradier {(>4' et 98') se forme en avant de Montigny, le long d'un chemin de terre. Un seul bataillon, le IIl" du 98% reste en réserve. Le 5'' bataillon de chasseurs a quatre compagnies en soutien des batteries divisionnaires, les deux autres à l'extrême droite de la ligne. Les six batteries de la réserve du V corps, déjà attelées, garnissent rapidement la crête entre Amanvillers et Montigny; les trois batteries de Grenier entrent en action à leurs côtés (Ij. Malgré sa supériorité numérique, la division Grenier, suivant les funestes habitudes de l'armée française d'alors, va se contenter de se maintenir à peu près passivement sur ses emplacements de combat. Cette attitude aura d'autant plus d'inconvénients que le front adopté, sensiblement rectiligne, ne se plie nullement aux formes du terrain et ne permet pas de battre avec efficacité un certain nombre de couloirs parallèles, qui pourront servir de cheminements abrités à l'assaillant (2). Sur un avis du général de Ladmirault, les troupes de la division de Cissey se sont réunies dans leurs bivouacs, prêtes à prendre les armes
(1) Journal de marche de la division Grenier; Rapports du général Bcllccourt, 19 août; du commandant Carré, 19 août; du général Pradier, 20 août; du général Lafailie, 26 août; Metz, III, 196-200.
(2) Metz, III, 200.