LA DIVISION DE CISSEY
au premier signal. Dès les premiers coups de canon, elles rompent les faisceaux et, laissant les sacs au camp dont les tentes restent dressées, elles se portent au pas gymnastique d'environ mille mètres en avant, vers la crête qui se développe entre AmanvillersetSaint-Privat. La 2' brigade, obliquant à droite, se forme en deçà de la crête : le 57' et deux bataillons du 73' au nordest de la cote 325, le IIP bataillon du 73"^ dans la tranchée du chemin de fer. Les trois batteries divisionnaires s'établissent sur la crête même, avec le âO*" bataillon de chasseurs comme soutien. La brigade Golberg se porte derrière la 2^ brigade dans le pli de terrain qui remonte d'Amanvillers vers Jérusalem. De toutes les troupes de la division, les tirailleurs du III" bataillon du 73'' sont d'abord seuls engagés immédiatement; ils ouvrent le feu contre la batterie de gauche de l'artillerie du IX* corps, puis, un peu plus tard, contre les compagnies allemandes qui garnissent la lisière orientale des bois de la Gusse (I).
Les troupes du 3" corps ont été postées d'avance sur les positions qu'elles doivent défendre à la lisière des bois et sur la crête de La Folie au Point-du-Jour (2) . Ce déploiement pré-
(1) Rapport du général de Cissey, 23 août; Historiques manuscrits du âO* bataillon de chasseurs, des 1"% 6*^, 57' et 73' de ligne; Metz, III, 207.
(2) Voir suprà, p. 217.
SiO SAIJST-PRIVAT
maturé, exécuté avant d'avoir le moindre indice sur les projets de l'adversaire, ne permet pas de prendre en flanc l'attaque imprudente que Manstein a dirigée de Vernéville sur Montigny. Le maréchal Le Bœuf ne change rien pourtant aux dispositions prises, et les chefs en sous-ordre s'absorberont dans la défense sur place des positions qu'on leur a si expressément désignées. Aussi les deux premières divisions du 3" corps ne joueront-elles dans la bataille qu'un rôle très secondaire : elles se borneront à résister passivement dans le bois des Génivaux à des détaclioments peu nombreux des masses allemandes qui attaqueront d'une part Amanvillers, d'autre part le Point-du-Jour (1). Le seul appui direct, fourni dès le début par le S*" corps au général de Ladmirault, est celui de quelques compagnies et batteries établies sur le mamelon au nord-ouest de La Folie (2) .
A midi un quart, le gros de la 18* division a atteint Vernéville. Toujours préoccupé de soutenir son artillerie très aventurée, Manstein dirige de Vernéville deux bataillons vers le bois de la dusse. Vers une heure, après avoir subi des
(1) Meti, III, 202.
(2) Rapport du général Montaudon, 20 août.