‹ 1870, la guerre en LorraineChapitre 89 sur 168 · DÉPLOIEMENT DU 6* CORPS · texte numérisé non relu

DÉPLOIEMENT DU 6* CORPS

Premières dispositions prises par Canrobert. — Déploiement de Levassor-Sorval. — Canrobert dégarnit sa droite. — Les divisions Tixier et La Font de Villiers. — Nouvelle ligne de bataille. — La lettre de Bazaine. — La Garde prussienne à Doncourt. — Son mouvement sur Vernéville. — Déploiement de l'artillerie. — L'avant-garde se porte sur Sainte-Marie. — Marche des Saxons de Jarnvvers le nord-est. — Situation du XII' corps à 2 heures. — Heureuse inspiration du prince de Saxe. — Débuts du mouvement tournant sur Roncourt. — Attaque de Sainte-Marie. — Belle résistance du 94* de ligne. — Sa retraite sur Roncourt. — L'artillerie allemande maîtresse du champ de bataille.

Vers 11 heures du matin, le maréchal Canrobert possède des renseignements assez complets pour conclure à l'imminence d une attaque. Néanmoins, jugeant sans doute qu'il lui suffit d'avoir " refusé son aile droite » pour éviter « d'être tourné par l'ennemi (1) », il ne change rien aux dispositions prises. Aux premiers coups de canon, les troupes prennent les armes d'ellesmêmes. Vers midi et demi, les deux batteries

(1) Rapport du maréchal Canrobert, 22 août; Metz, III, 266.

de la division Levassor-Sorval sont établies par le maréchal lui-même au sud-ouest de Saint- Privat : aucun objectif n'est d'ailleurs en vue. La brigade Marguenat, 1" de la division, se porte en avant de rartillerie de manière à découvrir les pentes descendant vers Saint-Ail : le 25*, en ligne de bataillons déployés, à cheval sur le chemin d'Habonville, le 26' en arrière (1). Un quart d'heure après, les quatre batteries de la 1'" division de la Garde prussienne s'établissent au nord-ouest d'Habonville. Puis, à une heure, deux batteries hessoises prennent position entre ce village et le bois de la Gusse; en même temps de l'infanterie se montre le long du chemin de fer (2). Ces mouvements déterminent quelques modifications au déploiement initial : les deux batteries appuient à gauche pour mieux battre l'objectif, le 25* avance d'environ 400 mètres, le 26" se forme en bataille à sa gauche. En seconde ligne, la brigade Chanaleilles s'étend entre la route de Briey et la division de Gissey. Bientôt trois des batteries de la division Tixier s'établissent à cheval sur la grande route ; les trois autres à mi-distance entre Saint-Privat et la voie ferrée. Le feu des batteries de 4 paraissant inefficace à la distance de 3 000 mètres, le lieutenant-

(1) Rapports du lieutenant-colonel Morin, 26 août; du coiiimandanl Kcsncr, 1'"' septembre; Metz, III, 266-267. (2j Voir sitprà, p. 225.

LES DIVISIONS DU ^'^ COUPS lil

colonel de Montluisant le suspend et se contente de faire tirer lentement les six pièces de 12 (1). Vers une heure, Ganrobert, préoccupé de l'attaque qu'il voit se dessiner sur sa gauche et ayant acquis «par des renseignements de cavalerie... la certitude que les Prussiens ne se trouvaient point dans les environs des villages de Montois et de Marange » , dégarnit prématurément sa droite et prescrit à la division Tixier d'appuyer la droite de la division de Gissey en se reliant à Levassor-Sorval (2) . La brigade Péchot se déploie dans l'ordre de bataille (9* chasseurs, 4.* et 10* de ligne) à 300 mètres en avant du chemin de Saint-Privat à Amanvillers, la droite à Jérusalem ; la brigade Leroy de Dais (12" et 100'') se place à l'est de ce même chemin (3) . A la division La Font de Villiers, la brigade de Sonnay (75'"et9r) occupe à peu près tout l'espace compris entre Roncourt et Saint-Privat; puis elle s'avance en échelons, la gauche en avant, en restant liée avec le bataillon du 75* qui occupe les crêtes près de Roncourt et appuyée en arrière par deux bataillons du 9% de la division Bisson (4). La brigade

(1) Rapport du lieutenaot-colonel de Montluisant, 20 août; Metz, III, 269.

(2) Rapport du maréchal Ganrobert.

(3) Rapport du général Tixier, 21 août; Historique manuscrit du 10* de ligne; Metz, III, 269. — Le I" bataillon du 12« est détaché à Saint-Privat à la garde du quartier général.

(4) Moins trois compagnies chargées d'occuper Saint-Privat.

Colin, d'abord formée au nord de la route de Briey, à 300 mètres à l'ouest de Saint-Privat, envoie ensuite le 94* à Sainte-Marie-aux-Chênes (i) et répartit le 93' le lon^j de la grande route, un bataillon tenant la lisière occidentale de Saint- Privat (2).

Tout en maintenant la droite du 6' corps orientée vers le nord-ouest en prévision du débouché de l'ennemi par Auboué et Montois, Canrobert s'est proposé d'organiser, face à Habonville, ce qu'on appelait alors « une nouvelle ligne de bataille » . Très solidement constituée au sud de Saint-Privat, cette ligne présente à Sainte- Marie un saillant prononcé, très exposé à des attaques concentriques (3) .

Quelques instants après le commencement de la canonnade à Vernéville, Canrobert envoie à Bazaine le lieutenant de Bellegarde porteur d'un message faisant connaître qu'une «« attaque sérieuse » se dessine et demandant des renforts et des munitions d'artillerie (4). Vers une heure et demie, il reçoit la lettre écrite par Bazaine à 10 heures du matin (5) : le commandant en chef

(1) Le 3* est appelé à Saint-Privat.

(2) Rapports du général de Sonnay, 20 août; du colonel Ganzin, 21 août.

(3) Metz, III, 275.

(4) Procès Bazaine, Dépositions du maréchal Canrobert, 224, et du capitaine de Bellegarde, 277.

.(5) yoir suprà, p. 201.

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