CONTRE-ATTAQUE DE SONNAY
Tixier sont encore disponibles; quant à l'aile droite, elle n'a que deux bataillons en réserve près de Roncourt. Enfin, le général du Barail, avec trois régiments de cavalerie, se tient derrière la crête entre Saint-Privat et Roncourt (1). L'occupation de Sainte-Marie a fourni à l'assaillant un excellent point d'appui qui, joint à ceux de Saint-Ail et du bois de la Gusse, lui procure un front de combat solide d'où l'artillerie peut exercer en toute sécurité la suprématie qu'elle a acquise. Dès avant l'enlèvement du village, les neuf batteries de la Garde ont fait un bond vers 1 est et se sont établies au sud-est de Saint-Ail sous la protection d'un bataillon du '^"grenadiers. Aussitôt après la prise de Sainte-Marie, six batteries saxonnes se portent au nord-est de cette localité, quatre en deçà de la route de Briey, deux au delà. Une septième prend position au sud-est (2) . Cependant, la 47' brigade saxonne débouche de Sainte-Marie, au nord de la grande route, à la poursuite du 94* de ligne et au devant des bataillons du 6* corps apparus sur les pentes entre la chaussée et Roncourt.
Le général La Font de Villiers s'est décidé en effet à porter en avant la brigade Sonnay qui devra ensuite se rabattre à gauche, vers Sainte- Marie, afin de dégager le 94*. Le mouvement est
(1) Metz, III, 301.
(2) Historique du grand État-major prussien, VI, 725-730.
exécuté « avec un entrain remarquable " , entre la route de Briey et le chemin de Montois, par le 91* de ligne et par deux bataillons du 75' à sa droite, soutenus en arrière par deux bataillons du 10% de la division Tixier, que La Font de Villiers conduit en personne. L'une des batteries à cheval de la division du Barail appuie de très près la marche de l'infanterie, en prenant successivement trois positions dont la dernière n'est pas éloignée des tirailleurs ennemis de plus de 700 mètres. Un bataillon du 75*" reste sur place pour surveiller le débouché des bois à Test d'Auboué. Bientôt la situation devient critique pour les Saxons, qui ne parviennent à se maintenir qu'au prix « de lourds sacriâces »> . Les deux batteries placées à la gauche de la ligne, criblées de balles par le 75", se replient d'abord au delà de la route de Briey. Vers 4 h. 15, la 47' brigade elle-même rompt le combat pour se rallier au nord-ouest de Sainte-Marie. Cette déhcate opération s'effectue sans encombre, grâce à la cessation de notre offensive et, vers 5 heures, les Saxons se reconstituent derrière la crête au nord-ouest de Sainte-Marie (1).
Pendant l'exécution de cette contre-attaque, l'artillerie de la Garde a définitivement affirmé
(1) Rapports du génëral La Fonl de Villiers, 21 août; du général de Soniiay, 20 août; Metz, III, 305; Hislorùjue Jti yrand État-major prustien, VI, 727-730.