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LE RAVIN DE LA MAISCE

g^resser. Le régiment s'établit provisoirement à mi-côte, entre les carrières adjacentes à la route et le Point-du-Jour (1). Peu après cette première tentative, la 30' brigade prend également l'offensive au nord de la grande route. Le tir des batteries françaises — particulièrement des deux batteries de 12 postées près de Moscou — redouble d'intensité et est d'une réelle efficacité. En même temps, les tirailleurs du IIP bataillon du 60', placés à la lisière de la bande boisée, ouvrent un feu violent. Néanmoins la 30'' brigade, disposée en échelons, gagne le bois d'un seul élan et, vers 2 h. 15, elle occupe solidement le fond du ravin de la Mance depuis la chaussée jusqu'au point où vient aboutir le vallon descendant de La Folie (2). Jusqu'alors neuf batteries françaises seulement, appartenant aux 2*" et 3* corps, sont en action entre Moscou et le Point-du-Jour, sur la ligne même de combat de l'infanterie : ce n'est qu'une faible fraction des ressources en artillerie dont disposent les deux corps d'armée (3) . Vers 2 heures, ce nombre est même réduit à huit, par suite de la retraite d'une des batteries, puis porté à onze par l'intervention au nord de Moscou de

(1) Historique du grand État-major prussien, VI, 750.

(2) Rapport du lieutenant-colonel Maucourant, 21 août; Historique manuscrit du 11" d'artillerie; Historique du yrand Etatmajor pi-ussien, VI, 753; Metz, III, 339.

(3) A l'ouverture du feu, trente batteries sont disponibles sur le front Leipzig-RozérieuUes.

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l'artillerie de la division Nayral (1). La lutte d'artillerie, déjà très inégale, va bientôt tourner en faveur des Allemands.

Désormais couverte sur son front, l'artillerie du Vlir corps exécute, à ce moment, par échelons, un bond en avant qui l'amène à quelques centaines de mètres à l'est de la ferme Mogador. La batterie à cheval de la 1" division de cavalerie rassemblée à l'ouest de la Malmaison s'établit à l'extrême gauche. Sur ces entrefaites, la canonnade du 2' corps s'étant ralentie, l'artillerie du Vil'" corps, renforcée de deux nouvelles batteries, s'avance au delà du chemin d'Ars (2). A 2 h. 45, l'artillerie de la l" armée développe donc, sur une ligne presque ininterrompue de 2 500 mètres d'étendue, cent trente-deux bouches à feu. Six batteries françaises seulement restent en position près de Moscou. Une batterie de mitrailleuses du 2* corps, qui tente de s'établir près du Point-du- Jour, est, en quelques instants, criblée d'obus et de balles, et obligée de cesser le feu. Il lui faut le secours de l'infanterie pour se dégager (3). Toutes les autres batteries du 2* corps engagées jusqu'alors se sont retirées malgré des pertes insignifiantes, peut-être pour ne pas épuiser leurs munitions « dans une lutte d'artillerie contre ar-

(1) Metz, III, 336, 338.

(2) Historique du grand État-major prussien, VI, 758, 762.

(3) Joarnal de marche de la 2' division du 2* corps.

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tillerie » qui semble « ne devoir amener aucun résultat décisif (1) « .

Vers 3 heures, l'infanterie de la 15* division prussienne progresse lentement à l'est du ravin : la 29* brigade entre la route et les sablières, la 30* débordant déjà par sa droite Saint-Hubert tandis que sa gauche atteint le confluent des deux ruisseaux. En avant de la ligne de résistance jalonnée par Moscou-le-Point-du-Jour, les Français occupent encore deux postes avancés : les grandes carrières du Point-du-Jour où sont embusquées quelques compagnies des 76* et 77*; la ferme Saint-Hubert défendue par le II* bataillon du 80* et par deux compagnies du 85*. L'artillerie prussienne est à peu près maîtresse du champ de bataille; ses obus incendient les bâtiments très visibles de Moscou et du Point-du-Jour et s'abattent instantanément sur toutes les troupes qui apparaissent en formation dense (2) .

Au nord de la route, le III* bataillon du 60* s'est replié, vers 2 h. 15, devant les forces supérieures

(1) Rapport du général Gagneur (sans date). — A ce moment, huit batteries, sur les trente dont disposent les 2* et 3' corps, n'ont pas encore tiré un coup de canon [Metz, III, 357).

(^2) Général de TissossiÈRE, Saint-Hubert et le Point-du-Jour [Revue du Cercle militaire, n" du 18 et du 25 janvier 1902).

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de la 30' brigade (1). Du côté des Génivaux, les avant-postes charges de la défense de la lisière sud-ouest, se sont réfugiés à l'intérieur du taillis avant d'être sérieusement attaqués. Huit compagnies prussiennes ont donc suffi pour faire reculer, jusque sur le ruisseau de la Mance, toute la ligne de surveillance de la division Metman. Un combat sous bois, avec des alternatives diverses et sans décision, se livrera sur ce point jusqu'à la nuit. Les forces accumulées dans le bois des Génivaux n'auront aucune influence sur la lutte qui se déroulera au sud. Si l'on tient compte des unités engagées à la lisière septentrionale, on arrive à un total de seize bataillons immobilisés dans ces bois, sans autre profit que d'en interdire l'accès à l'adversaire. Un tel résultat est appréciable, sans doute, mais il eût été possible de l'atteindre avec des effectifs bien moindres (2) .

Les six bataillons de première ligne des divisions Metman et Aymard du 3" corps ont suffi pour arrêter l'assaillant au pied des pentes. Frossard, au contraire, a cru devoir, dès 2 heures, renforcer son front au moyen d'un régiment de la division Fauvart-Bastoul et du 12'" bataillon de chasseurs. Au moment de l'attaque de la lo' division, sept bataillons sont engagés dans un combat

(1) Voir suprà, p. 257.

(i) Mett, III, 359.

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