‹ 1870, les causes politiques du désastreChapitre 16 sur 92 · LE PARLEMENT ET NOS PREMIÈRES DÉFAITES · texte numérisé non relu

LE PARLEMENT ET NOS PREMIÈRES DÉFAITES

J'ai résumé les débats sur Tarmée de 1867- 1868, puis à la veille de la guerre, au 30 juin 1870. Pour achever de dessiner la silhouette de nos politiciens d'alors, il faut les contempler maintenant après la déclaration de la guerre, et quand la nouvelle de nos premiiers échecs est arrivée jusqu'à Paris.

La session du Parlement s'était close le 21 juillet. Napoléon III ayant recommandé de réunir à nouveau les Chambres dans le cas où les circonstances deviendraient difficiles, elles sont convoquées pour le 9 août. A ce moment, deux grandes batailles sont déjà per-

dues, et la France est envahie. 11 faut prendre des mesures.

Que réclame l'opposition ?' « Des fusils, des fusils ! » C'est Jules Favre qui parle au nom de la gauche. Son discours se résume en ceci : il faut armer chaque citoyen. C'est la chimère de la levée en masse qui va être en partie réalisée. Quand Jules Favre et ses amis réclament des fusils, est-ce pour les tourner contre les ennemis, ou contre le gouvernement? On peut se le demander. Surtout quand on voit Favre insister pour que les armes soient remises principalement aux Parisiens. Les provinces ne l'intéressent pas autant.

Des fusils seront donc distribués. Ils permettront, — je ne dis pas le 4 septembre, qui s'est accompli sans coups de feu, — mais la Commune.

Ce môme 9 août, Jules Favre réclame du gouvernement une autre mesure : Bazaine à la tête de l'armée. Favre sera écouté. On sait -ce qui s'ensuivra.

Page 1