‹ 1870, les causes politiques du désastreChapitre 17 sur 92 · Voir Jourml officiel du 10 aoit · texte numérisé non relu

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LE PARLEMENT ET NOS PREMIERES OéPAITES 45

Dans la séance du 10 août, un des députés de la gauche, nommé Girault, propose, comme moyen de salut, cet amendement mirifique, que « les séminaires ou les autres établissements religieux, sans exception, soient soumis aux lois militaires dans la même proportion que les autres citoyens ». (M, Gambella : « Très bien, très bien 1 ») L'amendement n'ayant pas été pris en considération, Grémieux en présentera un semblable deux jours après. Au moment où la France est envahie, ces messieurs s'essayent à une politique anticléricale.

C'est en de telles mains qu'allait tomber le gouvernement, quelques semaines plus tard. 11 est vrai que pour chasser les Prussiens, il suffisait, suivant une certaine opinion, de proclamer la République. « Le peuple — disait le manifeste du 4 septembre — a devancé la Chambre qui hésilaiL Pour sauver la Pairie en danger^ il a demandé la République,.. La République a vaincu V invasion en 1792. La République esl proclamée, » Etle5septem-

bre dans une proclamation à l'armée : « Pour se sauver^ la Nation avait besoin de ne plus relever que d* elle-même,.. Nous n'avons qu'un buty qu'une volonté : le salul de la Patrie^par f Armée et par la Nation, groupées autour du glorieux sgmbole qui fit reculer l'Europe^ il y a quatre-vingts ans. » Toujours la légende des volontaires de 92 qui revient, comme dans les discours des Simon et des Favre, que nous avons analysés précédemment. Pour défendre un pays, il n'est pas besoin de s'y préparer d'avance. Il ne faut pas d'armée permanente. C'est une lourde charge à tout point de vue et qui ne sert à rien. Il suffit que chaque citoyen ait son arme, et qu'il la prenne au jour du péril, et qu'il courre sus à l'ennemi. Seulement, il faut qu'il y courre avec enthousiasme, et pour cela, il faut qu'il sente qu'il a à défendre quoi ? Sa patrie? Non : la Liberté. Michelet, Hugo ont chanté ce thème. Dans leurs discours au Parlement, les opposants à l'Empire l'ont repris. Beaucoup de Français sont imprégnés de cette croyance.

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