‹ 1870, les causes politiques du désastreChapitre 22 sur 92 · Actez et Paroles^ tome III, p. 6t · texte numérisé non relu

Actez et Paroles^ tome III, p. 6t

faut à présent céder deux provinces. Nous sommes le 1" mars 1871. On discute à l'Assemblée nationale les conditions de la paix. Victor Hugo monte à la tribune. Il évoque l'heure où la France pourra reprendre sa revanche. « On la verra, — déclare-t-il, — d'un bond, ressaisir la Lorraine, ressaisir l'Alsace? Est-ce tout ? non ! non ! saisir, — écoutezmoi, — saisir Trêves, Mayence, Cologne, Coblentz. «Qu'est-ce qui prend à Victor Hugo? L'Alsace, la Lorraine, c'est bien. Mais que veut-il faire de toutes ces villes allemandes ? Ses collègues ne le comprennent plus, et ne le suivent pas. Ils prennent peur devant ce foudre de guerre. « Non î non », s'écrient-ils, quand Victor Hugo parle de prendre Trêves, Mayence, etc. Mais Hugo tient essentiellement à ces conquêtes. On l'interrompt ; il se fâche. « De quel droit, crie-t-il, une assemblée française interrompt-elle l'explosion du patriotisme? » Et il reprend son discours : « On verra la France se redresser ^ on la verra resiaisir la Lorraine^ ressaisir l'Alsace, EipuiSf

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est-ce lout / Non ; saisir Trêves, Mayence, Cologne, Coblenlzjoulelarive gauche du Rhin, » — Pourquoi faire ? Voilà : « El on entendra la France crier : C'est mon tour ! Allemagne, me voilà ! Suis-je ton ennemie ? Non ! je suis ta sœur. Je t'ai tout repris, et je te rends tout, à une condition: c'est que nous ne ferons plus qu'un seul peuple, qu'une seule famille, qu'une seule république. Je vais démolir mes forteresses, tu vas démolir les tiennes. Ma vengeance, c'est la fraternité ! Plus de frontières/Le Rhin à tous! Soyons la même république, soyons les États Unis d'Europe, soyons la fédération continentale, soyons la liberté européenne, soyons la paix universelle^ ! »

Dans un de ses contes qui font suite à ^erenus, Jules Lemaître décrit les funérailles d'un poète auquel il donne le nom deFirdousi, mais qui ressemble étrangement à Hugo. On

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