Actes et Paroles, tome I, p
2. Cinquième anniversaire du 24 février. Oavr, cité, tome II, p. 138.
rémancipation de ces peuples, la France doit être prête à donner son sang. Ah ! si, en 1848, « la France^ appuyée sur la grande épée de 92, eûl donné aide, comme elle le devait, à l'Italie, à la Hongrie, à la Pologne, à la Prusse, à V Allemagne,,, » *. Que Victor Hugo prenne patience, la France, sous la conduite de Napoléon III, va travailler à Tunité de TItalie et de l'Allemagne.
Donc, il convient de briser les obstacles qui s'opposent à l'unification des peuples. D'abord, un avertissement à la papauté. « // faut que la papauté, déclare Hugo, arbore ce double drapeau cher à Vltalie : sécularisation et nationalité ! Il faut que la papauté ne se comporte pas de façon à repousser à jamais les hautes destinées qui V attendent le jour, le jour inévitable, de V affranchissement et de Vanité de Vltalie ». »
1. Sixième anniversaire du 24 février. Actes et Pà* rôles, tome II, p. 178.
3. Séance de la Chambre du 15 octobre 1849. Oavr, ciUt tomt I, p. 300.
Puis menaces à TAutriche. « La potence^ cesl-à'dire V Autriche, debout sur la Hongrie^ sur la Lombardie, sur Milan, sur Venise ; la Sicile livrée aux fusillades ; l'espoir des nationalités dans la France détruit,,,, voilà où nous en sommes * / » Voilà oii nous en sommes, gémit Victor Hugo. Pas pour bien longtemps. Napoléon 111 réalisera le vœu de Hugo. Il s'emploiera à chasser TAutriche de l'Italie, puis la laissera écraser par la Prusse. Résultat : l'Allemagne unie aidera la Prusse à nous écraser.
Menaces ensuite contre la Russie. « Ciloyens, il g a en Europe un homme qui pèse sur V Europe.,. Cethomme s'appelle en politique V Absolu, et en religion V Orthodoxe.,, Il torture, comme bon lui semble, des peuples entiers ; il n'a qu'à faire un signe, et il le fait, pour vider la Pologne dans la Sibérie,,, Il tient dans ses mains une croix qui se ter-
1. Séance de la Chambre du 17 juillet 1851. Actes et Paroles, tome I, p. 453.
mine en glaive et un sceptre qui se termine en knout. » Bref, « Nicolas de Russie [est le viS'à-vis de la Révolution *. » Ce vis-à-vis de la Révolution, Napoléon III jettera, Tannée suivante, Tarmée française contre lui. Résultat : en 1870, la Russie restera sourde à notre appel.
En résumé, 1870-1871, Tunité de l'Italie et de TAUemagne faites contre nous, comme conséquence l'Europe entière armée comme elle ne le fut jamais, tels sont les beaux résultats des rêveries de Hugo réalisées par le rêveur Napoléon III.
1. Discours du 29 novembre 1853. i4c^e5 et Paroles, tome II, p. 96.