EMILE OLLIVIER ET LA DEMANDE DB GARANTIES
C'est extraordinaire ce qu'il faut supposer de gens en faute pour excuser Emile Oiiivier
On Ta vu, les deux acteurs principaux dans ces négociations ont été Emile Oiiivier et le duc de Gramont. Je ferai cette distinction entre ces deux ministres. Emile Oiiivier nous a acculés à la guerre, alors qu'il était profondément pacifiste. Il nous y a acculés sans le vouloir — par étourderie, par légèreté — en se livrant à des manœuvres qui n'avaient pour but que de défendre sa situation ministérielle. Le duc de Gramont, lui, avait une visée plus haute. Il tenait à infliger un échec diplomatique à la Prusse. 11 était de ceux qui, à juste titre d'ailleurs, ne pouvaient se consoler de Sadowa. Il lui fallait une revanche.
Parfait, dirons-nous. Mais ceux qui nous jetaient dans une telle aventure devaient auparavant s'enquérir avec soin des forces res-
pectives de la France et de TAllemagne. Le duc de Gramont le reconnaît. Et il déclare que s'il avait eu « un seul doute sur notre aptitude à la guerre », « rien dans le monde entier » ne Teût fait « souscrire à une rupture avec la Prusse » *.
Mais j'ai montré précédemment que notre attaché militaire à Berlin, le colonel SlolTel, nous avait à maintes reprises averti de notre infériorité. Que fallait-il donc pour éveiller le doute de M. de Gramont?
; Quant à Emile OUivier, je le répète, il était profondément pacifiste. Pourquoi aurait-il fait la guerre ? L'unité de l'Allemagne, il y applaudissait, puisqu'elle s'accordait avec le principe des nationalités. 11 déclare qu'un tel principe « commandait de ne pas s'opposer à la transformation intérieure de l'Allemagne, dût-elle aboutir à compléter, par l'Unité politique, l'Unité militaire déjà constituée » *. Cette unité, Emile OUivier y a