‹ 1870, les causes politiques du désastreChapitre 64 sur 92 · La France el la Prusse avant la guerre ^ p · texte numérisé non relu

La France el la Prusse avant la guerre ^ p

sion sur la date de cette dépêche, puisque cette dépêche commence ainsi : « Nous avons reçu des mains de l'ambassadeur d'Espagne la renonciation du prince Antoine, au nom de son fils Léopold... » Or, tout le monde savait bien que cette renonciation nous était parvenue le 12 juillet. Impossible donc de croire que la dépêche en question était antérieure à cette date.

Et pourtant, le fait est là : la commission Ta cru I

Voici, en effet, son rapport ou plutôt le passage relatif à cette question : « Nous savions répondre au vœu de la Chambre en nous enquérant avec soin de tous les incidents diplomatiques. Nous avons la satisfaction de vous dire, messieurs, que le gouvernement, dès le début de l'incident et depuis la première phase des négociations jusqu'à là dernière, a poursuivi loyalement le même but. Ainsi, \ti première dépêche, adressée à notre ambassadeur, arrivé à Ems, pour entretenir le roi de Prusse, se termine par cette phrase

qui indique que le gouvernement a nettement formulé sa légitime prétention :

« Pour que cette renonciation, écrivait M. le duc de Gramont à M. Benedetti, produise son effet, il est nécessaire que le roi de Prusse s'y associe et nous donne l'assurance qu'il n'autorisera pas de nouveau cette candidature. Veuillez vous rendre immédiatement auprès du roi pour lui demander cette déclaration. »

« Ainsi, ce qui est resté le point litigieux de ce grand débat a été posé, dès la première heurSy et vous ne méconnaîtrez pas l'importance capitale de ce fait resté ignoré, il faut bien le dire, de l'opinion publique. »

Voilà donc bien la dépèche des «garanties» qui était réellement la onzième dépêche envoyée à Benedetti, présentée comme la première. Encore une fois, je ne me charge pas d'expliquer la chose. Ou je ne trouve (]ue cette explication : c'est que sortant d'une séance de la Chambre mouvementée et fiévreuse,les membres de la commission n'étaient

pas dansTélat d'esprit voulu pour lire exactement les pièces qui leur étaient soumises.

Comment, en entendant le rapport, le duc de Gramont n'a-t-il pas relevé l'erreur ? Il écrit : « Lorsque j'arrivai, dans la séance de nuit du 15 juillet, au Corps législatif, le rapport de la commission avait déjà été lu à la Chambre, et je n'en eus connaissance que le lendemain par le Journal officiel *. » Mais, d'autre part, le marquis de Talhouêt, rapporteur de la commission des crédits, a déclaré devant la commission d'enquête : « Je suis arrivé au Corps législatif et j'ai lu le rapport à la tribune. M. le duc de Gramont était en face de moi. Imparfaitement entendu les termes du rapport qui était renonciation des déclarations faites dans le sein de la commission. Si nous avions mal compris, c'était à M. le duc de Gramont à rectifier notre interprétation. »

Sur la présence du duc de Gramont à la

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