‹ 1870, les causes politiques du désastreChapitre 65 sur 92 · Là France et U Prusse avant la guerre, p · texte numérisé non relu

Là France et U Prusse avant la guerre, p

Chambre au moment de la lecture du rapport, il y en a donc évidemment un des deux qui se trompe.

M. de Talhouët ajoute : « Si nous nous étions trompés, le ministre devait nous le faire observer. Il vient, dix-huit mois après, déclarer que nous avons commis une erreur. Evidemment, il pense que nous nous sommes trompés et il le dit de bonne foi, mais c'est à un autre moment qu'il aurait dû le dire. »

Le marquis de Talhouët est mort de chagrin, peu après la guerre, de cette erreur de classement de dépêches que contenait son rapport. Il avait un autre sentiment de ses responsabilités que Emile Ollivier. Je ne sais trop, d'ailleurs, si cette erreur a eu, au point de vue des événements ultérieurs, une importance capitale. La vérité connue aurait-elle suffi à ce moment-là à incliner la Chambre vers la paix ? C'est bien douteux. Et puis le ministère s'était tellement avancé, dès le début de la séance, par sa déclaration

qui n'était rien moins qu'une déclaration de guerre, qu'on se demande comment on aurait pu revenir en arrière. Il aurait fallu dans la Chambre une volonté de paix très arrêtée, et elle n'existait pas, bien au contraire. Mais, prise en elle-même, l'erreur de la commission est colossale. C'est un exemple frappant de ce qu'on peut attendre d'un Parlement, ou, si l'on veut, d'une commission parlementaire, môme composée d'honnêtes gens, et même dans les circonstances les plus graves.

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