‹ 1870, les causes politiques du désastreChapitre 67 sur 92 · L Allemagne et VfUiiey par G. Rothan, tome 11, p. t · texte numérisé non relu

L Allemagne et VfUiiey par G. Rothan, tome 11, p. t

secrètes préférences étaient pour Tltalie et que, si les événements l'eussent permis, il eût consacré tout son génie à lui rendre la splendeur de Tempire romain. N'était-il pas Italien d'origine? L'ancienne France n'existait pas pour lui, il ne tenait compte ni des lois, ni des nécessités de son histoire. Les premiers élans de son cœur s'étaient reportés sur l'Italie ; les Français, à ses yeux, étaient alors des oppresseurs, il conspirait avec Paoli contre leur domination.

« Napoléon III, continue Rothan, s'était assimilé les idées napoléoniennes. Affilié, comme son oncle, aux sociétés secrètes, il avait, en 1831, dans ses années d'adolescence, conspiré contre le Pape et l'Autriche, poursuivi la résurrection de l'Italie. Arrivé au pouvoir, il fit des rêves de sa jeunesse le pivot de sa politique. Il obéissait à la logique de son système, en faisant, comme le chef de sa famille, litière du passé. Peu lui importaient les causes qui avaient présidé au développement de la monarchie française. Ses

idées rétrospectives ne s'étendaient pas au delà de la révolution de 1789. Il voulait, en rupture avec nos vieilles traditions, opposer à la Sainte-Alliance l'union des races latines. L'unité de l'Italie devait être une protestation permanente, une démonstration vivante contre l'ancien droit. 11 espérait affermir sa dynastie en établissant en Europe un droit nouveau, formulé en deux principes : le suffrage universel el le droit des nalionalilés. »

Or, ce sont ces deux principes qui ont été cause du désastre de la France. La crainte de l'élection fit reculer devant les préparatifs militaires nécessaires. Le droit des nationalités aboutit à la constitution de Tltalie et de l'Allemagne. Les conséquences des deux grands principes révolutionnaires et napoléoniens peuvent donc se résumer dans ce seul mot : Sedan.

Un des plus ardents défenseurs de ces principes et notamment d'une de leurs conséquences, r unité italienne y fut le prince Napoléon. Il pouvait exprimer librement ce que TEmpe-

reur, tenu par sa position à plus de réserve, pensait tout bas. « Le prince Napoléon, écrit Rothan \ fidèle à la pensée qui avait présidé à son mariage, démontrait dans d'éloquents discours que Tunité de Tltalie, avec Rome pour capitale, assurerait la grandeur de la France. 11 affirmait, sans se préoccuper de la divergence de leurs intérêts sur le littoral de la Méditerranée, que les deux peuples, soudés par la solidarité du suffrage universel et du principe des nationalités, resteraient à jamais unis. » 11 est intéressant de relire, à ce propos, ses discours au Sénat du 1" mars 1861 et du V septembre 1869. En 1861, faisant allusion à la guerre de 1859, il déclare : « J'espère que le résultat de cette politique, qu'il ne m'appartient pas de prévoir, mais que je puis en grande partie juger par le passé, j'espère que la conséquence de cette politique sera la réalisation de l'unité italienne. » Ceux qui s'opposent à ce résultat, les zouaves pon-

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