‹ 1870, les causes politiques du désastreChapitre 79 sur 92 · Voir Rome et Napoléon III · texte numérisé non relu

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fre commune d'une médiation à la France et à la Prusse. L'article 5 prévoyait, pour le cas où cette médiation serait refusée, la mise sur pied, la plus rapide possible : aussilôl que faire se pourra^ des armées italiennes et autrichiennes, et l'article 6, enfin, l'étude simultanée, après le rejet de cette médiation, des combinaisons et des plans de campagne. L'article 7 était relatif à la question romaine, dont le règlement était indiqué d'une façon vague : « pour la satisfaction de l'Italie et la protection du Pape. »

Mise sur pied, aussilôl que faire se pourra^ des armées autrichiennes et italiennes. C'està-dire quand ? On nous l'avait spécifié des deux côtés : pas avant le courant de septembre. Or, en septembre, où étaient nos armées ? L'une avait été faite prisonnière à Sedan, l'autre était enfermée dans Metz. L'Autriche et l'Italie eussent-elles alors jugé opportun de marcher contre l'Allemagne ? Je donnerai plus loin les raisons qui font conclure par la négative ! Je rappellerai seulement ici ce que

le ministre des AfTaires étrangères italien, M. Visconti-Venosta, répondait à notre envoyé qui faisait appel à Tamitié de l'Italie, au nom des services rendus par la France : « Eh ! oui, eh ! oui, amitié, certes. Mais quand un de nos amis se jette par la fenêtre, sans nous prévenir, ce n'est pas une raison pour qu'on saute après lui et se casse le cou, sans chance de le sauver. »

J'ai exposé ce que l'Autriche et l'Italie avaient proposé, le 26 juillet 1870, à la France, au prix de l'abandon de Rome aux Italiens : un traité de neutralité armée entre l'Autriche et l'Italie ; une offre de médiation ^ la France et la Prusse. Dans le cas du rejet de la médiation par la Prusse, une mise sur pied des armées italiennes et autrichiennes « aussitôt que faire se pourra », c'est-à-dire au plus tôt pour le courant de septembre !

Or, après qu'une de nos armées avait été

faite prisonnière à Sedan, lorsque l'autre était enfermée à Metz, TAutriche et l'Italie eussent-elles jugé prudent de marcher contre l'Allemagne? Tout dans leur attitude oblige à répondre par un non très catégorique.

Je l'ai montré, avec les historiens qui ont le plus impartialement traité cette question, la préoccupation dominante de l'Italie et encore plus de l'Autriche avait été de ne pas s'engager formellement avant de savoir en faveur de qui la victoire se déclarerait. Gomme écrit Albert Sorel, Italie et Autriche « entendaient participer aux avantages sans s'exposer à de trop grands hasards ». Exiger six semaines pour faire les préparatifs militaires nécessaires, c'était se permettre de voir venir les événements. Après nos premières défaites du commencement d'août, c'était tout vu. L'Autriche et l'Italie étaient dès lors bien décidées à ne plus sortir de leur neutralité.

Mais, objectera-t-on peut-être, si, en juillet 1870, la France avait donné satisfaction à l'Italie, sur la question romaine, il est pos-

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sible que le traité, resté à Tétai de projet, eût été alors signé. Et puis? Qu'est-ce que cela eût changé à Tordre des choses ? Le duc de Gramont va nous le dire. Si un traité d'alliance avait été signé (le duc de Gramont prétend qu'il eût suffi pour cela qu'en août les troupes françaises eussent pu tenir quelques jours de plus sans être battues), « cela n'eût pas changé grand'chose à la situation, avoue-t-il, mais cela eût obligé nos alliés à déchirer un traité conclu au lieu de n'avoir à répudier qu'un traité convenu. » Voilà un bel avantage, n'est-il pas vrai ?

Et encore fais-je abstraction de ce qu'Albert Sorel croit pouvoir avancer, c'est qu'au traité qui nous avait été proposé, « il y avait une condition expresse, c'est que la France serait entrée dans l'Allemagne du Sud » *. Que l'Autriche et l'Italie ne s'engageaient donc « à soutenir la France qu'au cas où Tar-

1. Histoire diplomatique de la guerre franco^MlU" mande t tome I, p. 240.

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mée française prendrait l'offensive et parviendrait à tenir avec avantage la campagne jusqu'au 15 septembre '. »

Peu importe, d'ailleurs, que cette condition ait été ou non formellement exprimée. C'est bien à elle, on n'en saurait douter, que dans tous les cas l'Autriche et l'Italie subordonnaient l'exécution des engagements qui nous avaient été offerts.

Peut-on leur en vouloir ? J'ai déjà cité la remarque de M. Visconti-Venosta : « Quand un de nos amis se jette par la fenêtre, sans nous prévenir, ce n'est pas une raison pour qu'on saute après lui et se casse le cou, sans chance de le sauver. » On ne peut s'empêcher de trouver que la remarque est de bon sens. Les armées italiennes et autrichiennes n'étaient nullement prêtes alors à se mesurer avec les armées prussiennes. L'Autriche nous en avait averti, pour ce qui la concernait, en juin 1870, quand le général Lebrun

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