‹ 1870, les causes politiques du désastreChapitre 89 sur 92 · LA RÉFORME MILITAIRE PRUSSIENNE 2G · texte numérisé non relu

LA RÉFORME MILITAIRE PRUSSIENNE 2G

raison des pertes de toute sorte, il fallait, pour se procurer ce nombre, prendre les landwehriens des sept années du premier ban (ceux de 25 à 32 ans). Comment pouvoir compter, à la guerre, sur des gens qui avaient quitté le service, les uns depuis deux ans, les autres depuis trois, les derniers depuis neuf ans, et dont la moitié étaient mariés...

« Aussi les hommes de la landwehr ne répondirent à l'appel, en 1848, 1850 et 1859, qu'avec un extrême mécontentement. Les scènes les plus déplorables eurent lieu, des actes de désobéissance formelle se produisirent, môme devant l'ennemi. Quant à celles des troupes de landwehr qui restèrent fidèles à l'honneur, elles se montrèrent d'une insuffisance complète. »

En conséquence, seconde réforme voulue par Guillaume I^' : changement d'affectation de la landwehr. La landwehr s'est montrée insuffisante en campagne. Le roi veut des troupes de campagne qui ne soient formées

que de Tarmée permanente et de sa réserve, et où la landwehr ne figurera pas. Pour atteindre à TefTectif jugé nécessaire, il incorpore, comme nous l'avons dit, tout le contingent (63.000 hommes en 1860, au lieu de 40.000, chiffre des années précédentes). 11 porte de deux à quatre les années de réserve. Après quoi, on entre comme autrefois dans la landwehr. Mais la landwehr n'est plus destinée, en son entier, qu'à garderies places intérieures.

Telle est la réforme que le roi accomplit, malgré l'opposition du Landtag. Maintien de la landwehr et réduction du service de deux ans, c'est le programme que les députés opposent aux projets du roi, et autour duquel ils ameutent les électeurs. Certain que le projet du roi sera repoussé, le ministre de la Guerre de Roon le retire (mai 1860). C'est alors qu' « on eut l'idée, au ministère, qu'on n'avait nullement besoin d'une loi nouvelle pour créer de nouveaux régiments, et qu'il suffisait d'obtenir un crédit ; les plus-values

Page 1