‹ 1870, les causes politiques du désastreChapitre 9 sur 92 · LA LEVÉE EN MASSF · texte numérisé non relu

LA LEVÉE EN MASSF

Parlant après Jules Simon et voiil ml le réfuter, le maréchal Niel lui prête cette déclaration : « Savez'vous ce quil faut pour faire un bon soldai ? Vous ne le savez pas, moi je le sais : il faul qu'il fasse sortir avec enthousiasme de sa poitrine le cri de : Vive la liberté I » Ce résumé de son discours Jules Simon sans doute Ta trouvé exact puisqu'il n'a pas réclamé.

Il n'eût pu d'ailleurs renier cette déclaration, car elle est bien conforme à sa pensée. Ecoutez, pour en juger, ces paroles prononcées par lui : « Ce qui a fait la force de Var^ mée française autrefois et sa plus grande puissance^ c'est la cause sacrée qu'elle avait

à défendrCy une cause qui élail un objet (T envie pour ceux qui se ballaienl contre nous, et pour nous la source puissante et féconde de V enthousiasme. Oui, messieurs, il n'y a qu*une cause qui rende une armée invincible e/, malheureusement, cette cause n'est pas celle que nous défendons en ce moment ; cette cause, cesl la liberté, »

En somme, la pensée des Simon et des Favre était celle-ci : d'abord qu'il n'y avait pas de danger ; que personne ne nous menaçait. Ensuite qu'à supposer môme qu'une guerre éclatût, la levée en masse suffirait. A une condition cependant : c'est que nos soldats fussent enthousiasmés, électrisés par la pensée quece qu'ils avaient à défendre, c'était la cause de la liberté. Or, ils ne pouvaient être mus par cette pensée sous le gouvernement de l'Empire, qui était un gouvernement despotique. Ce qui devait rendre notre armée invincible, ce n'est donc pas une préparation quelconque militaire, mais uniquement Texicnsion des HJbcrtés^ politiques.

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