‹ 1870 - SedanChapitre 100 sur 177 · GRAND RAPPORT DU 5« CORPS · texte numérisé non relu

GRAND RAPPORT DU 5« CORPS

suivie par rennemi » . Les grand'g^ardes n'ont pas annoncé sa présence et, « d'après les renseignements recueillis, il y a lieu de supposer que ses différentes colonnes ont continué leur mouvement sur Stenay. . . (1) » . Chacun ajoute foi à ces informations, d'autant plus que la cavalerie n'en fournit pas d'autres, et que a le général de Failly a confiance en elle après tous les ordres qu'il lui a donnés et renouvelés, pendant tout le courant de la campagne, au sujet des reconnaissances journalières... (2) » .

On n'a donc, pour le moment, aucun motif d'inquiétude, et l'on ne se préoccupe que de reconstituer les régiments, pourvoir à leurs besoins en vivres et en munitions, nettoyer les effets et les armes. On reconnaît que l'emplacement des camps au sud de Beaumont est défectueux, mais de Failly juge inutile de les déplacer : « ce serait fatiguer les troupes sans nécessité, puisque ces camps vont être levés dans quelques heures (3) » .

Pendant ce rapport, les généraux de division présentent tous des observations sur l'état matériel et moral du corps d'armée. «... Les marches forcées qu'il exécute sans trêve ni repos depuis près d'un mois démoralisent les troupes et ont développé chez elles un déplorable esprit d'in-

(1) Général de Failly, loc. cit., 45.

(2) Journal de marche du 5* corps (Clémeur),

(3) Ibid.

discipline, qui a déjà produit les plus fâcheux résultats » . Des habitudes « de maraude et même de pillage déplorables » se sont répandues; à Reims, à Rethel, au milieu de populations sympathiques, « des actes inqualifiables » de ce genre se sont manifestés. Les généraux concluent en disant « qu'il est plus que temps de modifier un pareil état de choses, sans quoi, n'ayant plus leurs troupes dans la main, ils ne peuvent plus répondre de rien au jour d'une grande affaire " . De Failly répond qu'il est le premier à déplorer cette situation, mais que, » toutes ces marches, contre marches et ces fatigues inouïes, qui en sont le résultat, ne sont pas le fait de sa volonté personnelle, mais d'ordres supérieurs... (1) ». Cette déclaration contient une part seulement de vérité ; les événements ont montré que c'est à tort que le commandant du 5^ corps voudrait dégager sa responsabilité (2) .

Sur ces entrefaites, vers 9 heures, le convoi est arrivé, et une distribution de vivres a eu lieu aussitôt. Le parc d'artillerie a rejoint en même temps et s'est établi auprès de la réserve. Les troupes font la soupe, les hommes réparent leurs effets et nettoient leurs armes ; le temps se remet

(1) Journal de marche du 5^ corps (Glémeur).

(2) Voir notamment : Historiques du 17% du 27« et du 46« de ligne (25 août 1870) ; Journal de marche de la division L'Abadie (même date).

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